Sa crainte et son abattement. {Ms. H, réd. i et
4. Les mots: « il faisoit faire », jusqu'à « carte blanche », manquent dans les anciennes éditions.
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nances. Ces promesses si étendues et données en termes généraux faisoient tout TefFet que le Cardinal pouvoit désirer. Elles éblouissoient et rassuroient Monsieur le Prince et tous ses amis*. Elles confirmoient le monde dans Topinion qu'on avoit conçue de Tétonnement^ du Cardinal , et elles faisoient désirer sa conservation à ses ennemis même, par la créance de trouver plus aisément ^ leurs avantages dans la foiblesse de son ministère que dans un gouvernement plus autorisé et plus ferme*; enfin il gagnoit avec beaucoup d'adresse le temps qui lui étoit nécessaire pour les desseins qu'il formoit^ contre Monsieur le Prince®.
1. « Le Cardinal, dont l'esprit étoit plein de lumières, et qui savoit se tourner de plusieurs côtés, fît parler à Mme de Longueville par quelques-unes de ses confidentes. Il l'assura qu'il vouloit être de ses amis, et que, pour acquérir ses bonnes grâces, il vouloit faire tout ce qui seroit possible pour la satisfaire. La proposition fut reçue agréablement. Elle ne travailloit que pour avoir du crédit, et croyoit en pouvoir espérer par cette voie. Le duc d'Orléans et le prince de Condé souhaitoient chacun pour soi une grande puissance. Mme de Longueville et le prince de Conty vouloient aussi en leur particulier avoir part à la faveur. Tous, par l'état où étoit le Ministre, prétendoient mieux faire leurs affaires avec lui qu'avec
un autre Le Cardinal, plus fin que tous les autres, pour gagner
du temps, travailloit lui-même à les persuader par ces mêmes raisons qui paroissoient lui être si contraires, et leur faisoit dire, par des gens qui paroissoient être de leurs amis, qu'il leur étoit à tous plus commode de le laisser jouir des avantages que sa faveur lui donnoit, puisqu'un autre que lui en useroit avec plus de hauteur. » {Mme de MottevUie^ tome III, p. $4 et 55.)