De la crainte et de l'étonnement. (J^Is. H^ réd. i
3. Elles faisoient même désirer sa conservation à ses propres ennemis, croyant plus aisément trouver, etc. {Ms. H^ réd. i et 2.)
4. *Dansungouvernementplusfermeet mieuxréglé.(My.//^, réd.i.)
5. *I1 gagnoit par là, avec beaucoup d'adresse, tout le temps qui lui étoit nécessaire pour tous les desseins qu'il pourroit former. {Ms. //, réd. I et 1.)
6. On sait quelle était la devise de Mazarin: « le temps etmoi, » avait-il coutume de répéter
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Les clioses demeurèrent en cet état durant un temps assez considérable, et cependant le Cardinal donnoit toutes les démonstrations publiques de vouloir, non-seulement entrer dans les sentiments de Monsieur le Prince, mais encore dans les intérêts de ses amis, bien qu'en elTet il V tut directement contraire, comme il le fit voir dans une rencontre qui se présenta. Monsieur le Prince ayant obtenu pour la maison de la Rochefoucauld les mêmes avantages de rang qui avoient été accordés à celles de Rolian, de Foix et de Luxembourg, le Cardinal* fit demander* une pareille grâce pour celle d'Albret, et suscita en même temps une assemblée de noblesse pour s'y opposer^; mais, soit qu'il en craignît enfin les sui-
1 . Les choses furent disposées de la sorte un temps assez considérable, pendant lequel le Cardinal donnoit toutes les démonstrations publiques de vouloir entrer non-seulement, comme je viens de dire, dans les sentiments de Monsieur le Prince, mais encore dans tous les intérêts de ses amis, bien qu'en effet il y fût sous main directement contraire, comme il le fît paroître dans une rencontre, qui se présenta, où Monsieur le Prince obtint pour la maison de la Rochefoucauld les mêmes avantages de rang qui avoient été accordés à celle de Montbazon et à quelques autres, car le Cardinal. (Ms. H^ réd. I .)
2. *Fit demander par M. le duc d'Orléans. (Ms. H^ réd. i et 2.)
3. Ces honneurs, qui étaient le tabouret (c'est-à-dire le droit d'être assis au cercle de la Reine) et la permission d'entrer dans le Louvre en carrosse , appartenaient d'abord aux seuls princes du sang, aux bâtards de France et aux maisons de Savoie et de Lorraine. — Mme de Motteville dit à ce sujet, en parlant de la Rochefoucauld (tome III, p. 56) : « Ces avantages le mettoient audessus des ducs et à l'égal des princes, quoiqu'il ne fut ni l'un ni l'autre. Il n'étoit pas de maison souveraine : il n'étoit que gentilhomme, et son père, le duc de la Rochefoucauld, n'étoit pas mort. Mais il étoit assez grand seigneur et avoit assez de considération dans le monde pour pouvoir soutenir une folle chimère. » Et plus loin (p. 59) : « Toute la noblesse se trouva offensée dans cette préférence. Chaque particulier alla chercher dans ses titres des marques de principauté, et d'anciennes alliances qui eussent le pouva' de les élever. » Sur la réunion de la noblesse elle ajoute (p.
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les* ou qu'il feignît de les craindre, il aima mieux faire révoquer ce qu'on avoit déjà fait en faveur des autres maisons *, que de maintenir ce que Monsieur le Prince avoit obtenu pour celle du prince de Marcillac * .
<r Cette assemblée ne déplut nullement au Ministre. Il voyoit avec joie que M. le prince de Conty et Mme de Longueville, protecteurs du prince de Marcillac,... alloient être haïs des princes et de la noblesse. » — Les personnages les plus qualifiés de la cour s'étaient réunis chez le marquis de Montglat ; mais, nous dit ce dernier (tome II, p. 196 et suivantes), « la pelote grossissant, la salle du marquis de Montglat n'étant pas assez grande pour tenir tant de monde, il fut résolu de prendre la maison du marquis de Sourdis, pour le lieu de l'assemblée. » Voyez aussi Retz^ tome II, p. 640 et suivantes, et Orner Talon^ tome III, p. 5 et suivantes.
1. * Ainsi {et en^n^ réd. i), soit qu'il en craignît véritablement les suites. {Ms. Hy réd. i et -i.)
2. *Des maisons de Foix, de Rohan et de Luxembourg. {Ms, Hy réd. I .)
3. Sur la manière dont se termina l'assemblée de la noblesse, voyez surtout Mme de Mottevllle^ tome III, p. 70-81. — Bien que la Rochefoucauld affecte de glisser sur cette affaire, il est certain qu'elle émut fort la cour et la ville. L'échec mortifiant que subit, en cette occasion, le prince de Marcillac, acheva de le jeter parmi les Frondeurs. En attendant l'heure de se venger par des actes, il exhala ses ressentiments dans un mémoire auquel nous avons, plusieurs fois déjà, renvoyé le lecteur (voyez, ci-après, V Apologie de M. le Prince de Marcillac^. — « Le prince de Marcillac, dit à la date du 8 octobre le manuscrit anonyme, l'a recherché [le tabouret) avec tant d'ardeur qu'il en avoit tiré parole de Monsieur le Cardinal devant leur accommodement, dont Monsieur le Coadjuteur avertit M. le prince de Conty dès le 3o du passé, et lui dit qu'il ne se devoit point fier au prince de Marcillac ni souffrir les grandes privautés qu'il avoit avec Mme de Longueville, dont M. le prince de Conty et Mme de Longueville s'offensèrent contre le Coadjuteur. » — Plus loin, à la date du i5 octobre, on lit dans le même manuscrit cette mention importante : « L'on a remarqué que M. le prince de Marcillac a eu depuis quatre jours une assignation de trois cent mille livres, soit pour son indemnité delà perte du tabouret de sa femme, soit pour avoir fait l'accom-
^dement de Monsieur le Prince avec Monsieur le Cardinal. » ■» somme n'aurait-elle pas servi à payer le gouvernement de
Toutes ces clioses aigrissoient Monsieur le Prince, mais elles ne lui faisoient rien soupçonner de ce qui étoit prêt (réclatcr contre lui; et bien qu'il fût mal satisfait du Cardinal, il ne prenoit aucunes mesures pour le perdre, ni pour s'empocher [sic) que le Cardinal luimême ne le perdît*; et il est certain que, jusques à sa prison, jamais sujet ne fut plus soumis à l'autorité du Roi, ni plus dévoué aux intérêts de l'Etat; mais son malheur et celui de la France^ le contraignirent bientôt à changer de sentiments.
Le traité de mariage du duc de Mercœur, fils aîné du duc de Vendôme, a\ec une des nièces du cardinal Mazarin, en fut une des principales causes et renouvela toute l'aigreur qui sembloit être assoupie entre ce ministre et Monsieur le Prince. Il y avoit donné les mains avant la guerre de Paris, soit qu'il n'en eut pas prévu les suites, ou que par déférence pour la Reine, il n'eut osé lui témoigner qu'il les prévoyoit ^. Mais enfin Mme de Lonijueville , ennemie de la maison de Vendôme, craignit que les prétentions de rang du duc de Longueville ne fussent troublées par l'élévation du duc de Mercœur. Elle se servit* des premiers moments de sa réconciliation avec Monsieur le Prince pour lui faire
Poitou, racheté au prix de trois cent mille livres par la Rochefoucauld ? Voyez ci-dessus, p. 96 et note 7, et ci -après l'Apologie.
1. Il ne prenoit aucune mesure pour le perdre ni pour empêcher qu'il ne le perdit. {Ms. //, réd. 2.) — *I1 ne prenoit toutefois aucune mesure pour le perdre ni pour s'empêcher d'être perdu. (M$. H^réd. i.)
2. * Mais le malheur de la France et le sien propre. (Ms. H^réd. i.) — Rapprochez de V Oraison funèbre de Condé par Bossuet : « Il disoit, en parlant de cette prison malheureuse, qu'il y étoit entré le plus innocent des hommes, etc »
3. * Ou que, par une trop grande déférence pour la cour, il n'eût osé témoigner à la Reine qu'il les prévoyoit. {Ms. Hf réd. 1 et 2.)
4. *Et craignant que les prétentions du rang..., se servit, etc. {Ms. H^ réd. i et i.)
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connoître que ce mariage se faisoit directement contre leurs communs intérêts. Elle lui dit que le Cardinal*, lassé de porter le joug qu'il venoit de s'imposer, vouloit prendre de nouveaux appuis pour ne dépendre plus de lui, et pour pouvoir manquer impunément à ses engagements et à la reconnoissance qu'il lui devoit. Monsieur le Prince fut facile à persuader, et encore plus à promettre à M. le prince de Conti et à Mme de Longueville de se joindre^ à eux pour empêcher ce mariage, bien qu'il eût, comme je l'ai dit, fait paroître à la Reine qu'il y consentoit ^. Il balança néanmoins quelque temps à se déclarer'^. Je ne sais si ce fut parce qu'il vouloit^ que les premières difficultés vinssent de Monsieur son frère, ou pour reculer ^ de quelques moments la peine qu'il avoit de s'opposer ouvertement aux sentiments ' de la Reine ; mais enfin on sut bientôt qu'il ne pouvoit approuver cette alliance % et le Cardinal résolut dès lors de se venger de lui, et d'avancer le dessein de l'arrêter.
1. * Contre leurs communs intérêts, et que le Cardinal, {Ms. H, réd. I c? 2.)
2. *Fut aisé à persuader là-dessus, et il le fut encore davantage à promettre.... qu'il se joindroit. (Ms. H^ réd. i.)
3. Bien qu'il eût néanmoins donné parole à la Reine d'y consentir, comme je viens de dire. {Ms. //, réd. i et ^.)
4. Cette phrase manque dans la première rédaction du ms. H et dans les anciennes éditions.