Dans lesquels ils craignent. {Ms. Hy réd. i
MÉMOIRES. [i65o] ^l^
la communication de leur pays : de sorte qu'ils crurent faire beaucoup d'assié^^er Mouzon \ qu'ils ne prirent qu'après un mois de tranchée ouverte ^. Néanmoins M. deTurenne surmonta toutes ces diQîcultés, et les fit résoudre, avec une extrême peine , de marcher droit à Paris, espérant que sa présence avec ses forces et Téloijjnement du Roi y apporteroit assez de confusion et de trouble pour lui donner lieu d'entreprendre beaucoup de choses. Les amis de Monsieur le Prince commencèrent aussi alors à former des entreprises particuHères pour le tirer de prison ^. Le duc de Nemours * s'étoit déclaré ouvertement pour ses intérêts, et enfin tout sembloit contribuer au dessein de M. de Turenne. Pour ne pas
I. Petite ville de Champagne, sur la Meuse (Ardennes), près de Rethel. Elle appartenait anciennement aux archevêques de Reims, qui la cédèrent à Charles V en iSyg. Ses fortifications ont été démolies en ifiji.
a. Le 8 novembre.
3. cr Dans cette vue, dit Guy Joli (tome I, p. i36), ils avoient gagné quatre gardes des sept qui étoient dans l'appartement des Priuces, qui dévoient se rendre maîtres des autres trois, ou les poignarder en cas de résistance. Ils s'étoient aussi assurés de quelques uns des officiers et soldats qui veilloient à la garde des dehors sur la terrasse du chilteau de Marcoussi, au pied de laquelle un homme s'étoit chargé de faire trouver un bateau, dans lequel les Princes dévoient passer le fossé, pour aller joindre, à vingt pas de là, le duc de Xemours, qui les auroit conduits avec une bonne escorte en lieu de sûreté. » La translation des prisonniers de Marcoussis au Havre déjoua ce plan d'évasion.
4. Charles- Amédée de Savoie, dont il a déjà été question plus haut (voyez p. 98 et note 4); né en 1624, second fils de Henri l^' de Savoie, duc de Nemours; il était devenu l'aîné de la famille par la mort de son frère en 1641 ; le 7 juillet 1643, il épousa Elisabetli de Vendôme, sœur des ducs de Mercœur et de Beaufort, dont il eut deux filles, qui furent, l'une reine de Portugal, l'autre duchesse de Savoie. On verra plus loin sa liaison avec 3Ime de Longueville, liaison qui amena la rupture entre la belle duchesse et la Rochefoucauld.
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donc perdre des conjonctures si favorables, il entra* en Champagne et prit d'abord Chàteau-Portien^ et Retliel , qui firent peu de résistance ; il s'avança ensuite jusques à la Ferté-Milon; mais y ayant appris qu'on avoit transféré les Princes au Havre-de-Gràce ^, les Espagnols ne voulurent pas passer plus outre, et il ne fut plus au pouvoir de M. de Turenne de s'empêcher de retourner à Stenay avec l'armée. Cependant il donna ses ordres pour fortifier Rethel, et y laissa Deliponty* avec une garnison espagnole, ne croyant pas pouvoir mieux choisir pour confier une place qui étoit devenue trèsimportante , que de la donner à un homme qui en avoit si glorieusement défendu trois ou quatre des plus considérables de Flandres^.
Le bruit de ce que je viens de dire hâta^ le retour de la cour, et les Frondeurs, qui avoient été unis au Cardinal, tant que les Princes étoient demeurés à Vincennes et à Marcoussy, dans l'espérance de les avoir en leur pouvoir, la perdirent entièrement lorsqu'ils les virent^ conduire au Havre. Ils cachèrent toutefois leur ressentiment contre lui sous les mêmes apparences dont ils s' étoient servis pour cacher leurs liaisons; car bien que depuis la prison des Princes, ils eussent essayé de
1. De sorte que pour se servir des conjonctures, il entra. (Ms.H, réd. I.)