Gouverneur des Pays-Bas espagnols
6. Il rallia ce qu'il put de ses troupes, et, au lieu de se retirera Stcnay, où il sembloit que sa présence fût principalement néces-
MÉMOIRES. [i65o] 217
Après cette victoire, le Cardinal, qui s'éloit avancé jusqu'à Reilicl, retourna à Paris comme en triomphe, et parut si ontlé de cette prospérité , qu il renouvela dans tous les esprits le dégoût et la crainte de sa domination * . On remarqua alors que la fortune disposa tellement de révénemcnt de cette bataille, que M. de Turenne, qui Tavoit perdue , devint ^ nécessaire aux Espagnols et eut le commandement entier de leur armée , et que le Cardinal^, qui s'attribuoit la gloire de cette action, réveilla contre lui* Tenvie et la haine publique. Les Frondeurs jugèrent qu'il cesseroit de les considérer, parce qu'il cessoit d'en avoir besoin ; et, craignant qu'il ne les opprimât^ pour gouverner seuP, ou pour les sacrifier
saire, pour raffermir les esprits étonnés de la perte de la bataille, il jugea plus à propos d'aller (// en jugea bien mieux et alla, réd. i) trouver le comte de Fuensaldagne, non-seulement pour prendre ensemble leurs mesures sur les affaires présentes avec toute la diligence possible, mais aussi pour ne laisser pas imaginer aux Espagnols que ce qui venoit de lui arriver fût capable de lui en faire prendre aucune sans leur participation. {Ms. H^ réd. i et 2.)
1. Il y eut un premier moment de stupeur chez les ennemis du Cardinal : « Vous ne doutez pas, dit Retz (tome II, p. 336 et 387, éd. Ch.), de la consternation du parti des Princes; mais vous ne vous la pouvez pas figurer. Je n'eus toute la nuit chez moi que des pleureux et des désespérés; je trouvai Monsieur atterré Le peuple me parut dans les rues, morne, abattu, effrayé. » Et il ajoute
au sujet du Parlement : « Il n'y eut (Je 19 décembre) que quinze
ou seize conseillers qui parlèrent Ils allèrent pour la plupart aux
remontrances pour la liberté des Princes, mais simplement, timidement, sans chaleur, sans parler contre le Mazarin, et il n'y eut que Menardeau-Champré qui le nomma, mais avec des éloges, en lui donnant tout l'honneur de la bataille de Rethel. »