XXXVI MEMOIRES
Liancourt lui fait l'honneur de la reproduire dans une nouvelle édition des OEuvres de son illustre aïeul. Il rejette en revanche de son volume toute la partie inédite de Renouard. Dans sa notice préliminaire, fort courte et peu explicite, le marquis Gaétan de la Rochefoucauld n'attribue à ce morceau inédit que la valeur secondaire d'une introduction, et il ajoute : « Si cette introduction n'est pas de la Rochefoucauld, du moins les faits qu'elle contient ont un caractère d'authenticité qui nous engage à y puiser les matériaux de sa biographie. » Sur la Guerre de Paris ^ pas un mot : cette interpolation passe tout entière comme œuvre de la Rochefoucauld, sans examen et sans conteste. Nous voici arrivé aux dernières éditions des Mémoires : ce sont celles des deux grandes collections dues à Petitot et Monmerqué (1826) d'une part, et, de l'autre, à Michaud et Poujoulat (i838). L'une et l'autre reproduisent le texte de Renouard, avec un très-petit nombre de leçons différentes qui sont tirées d'une copie conservée sous le n** i5625 à la Ribliothèque nationale * . Les deux éditeurs admettent donc la partie nouvelle que le marquis Gaétan de la Rochefoucauld avait cru devoir éliminer ; mais ils n'y voient, à l'exemple de ce dernier, qu'une espèce d'introduction aux autres chapitres, ceux « où l'auteur prend le ton de l'histoire, » c'est-à-dire qu'à leur sens les véritables mémoires ne commencent qu'avec le morceau intitulé dans toutes les éditions (1662-1804) Guerre de Paris. Le point de désaccord entre les deux collections est celui-ci : on admet dans toutes deux que la Rochefoucauld a laissé de la partie préliminaire racontant les premiers troubles de la Régence deux rédactions également authentiques, mais entièrement dissemblables et qui font double emploi; l'une, toute personnelle, ayant le caractère particuher de mémoires de cour, et où le duc se met directement en scène; l'autre, impersonnelle, pleine de développements généraux et de réflexions purement historiques; à laquelle des deux la Rochefoucauld donnait-il la préférence? Petitot pense ^ qu'entre ces deux manières l'auteur préférait la première ; tel n'est pas
I. Voyez ce qui est dit ci-après (p, xxxix et suivantes) des manuscrits des Mémoires.
a. Tome LI de la a^ série de la collection, p. 328.