Entre deux hommes. (^Ms. H^ réd. i
4. Le récit de la Rochefoucauld manque ici de précision et de clarté. Dès le 17 août, la Reine avait envoyé au Parlement un acte d'accusation contre Monsieur le Prince, acte qui tendait à le faire déclarer rebelle et criminel d'Etat. C'était le 21 août que le Parlement devait statuer à ce sujet ; et la Reine , craignant que l'acharnement des partis ne donnât lieu à quelque conflit dans la salle du Palais, avait en effet mis, pour ce jour-là, à la disposition du Coadjuteur une garde de gendarmes et de chevau-légers, commandée par les maréchaux d'Albret et de Schomberg, et qui a^ait pour mot de ralliement Notre-Dame. Retz avait en outre pris, de son propre chef, d'autres précautions qui sentent assez le guet-apens : « Comme j'avois habitude avec les buvetiers, dit-il (tome III, p. 214 et 2i5, éd. Ch.), je fis couler dès le soir (20 août) dans les buvettes quantité de gens à moi, par lesquelles la salle du Palais se trouvoit ainsi, même sans que l'on s'en aperçût, presque investie de toute part. Comme j'avois résolu de poster le gros de mes amis à la main gauche de la salle en y entrant par les grands degrés, j'avois mis dans une des chambres des Consignations trente des gentilshommes du Vexin,
étoit suivi d'un grand nombre de personnes de qualité, de plusieurs officiers d'armée, et d'une foule de gens de toutes sortes de professions, qui ne le quittoient plus^ depuis son retour de Saint-Maur. Cette confusion de gens de différents partis, se trouvant tous ensemble dans la grande salle du Palais, fit appréhender au Parlement de voir arriver un désordre qui les pourroit ^ tous envelopper dans un même péril et que personne ne seroit capable d'apaiser^. Le Premier Président, pour prévenir le mal, résolut de prier Monsieur le Prince de ne se plus faire ^ accompagner au Palais '\ Il arriva même un jour ^ que M. le duc d'Orléans ne s'y étant point trouvé"^, et que Monsieur le Prince et le Coadjuteur s'y étant rendus avec tous leurs amis, leur nombre et l'aigreur qui paroissoit dans les esprits augmentèrent ® de
qui dévoient, en cas de combat, prendre en flanc et par derrière le parti de Monsieur le Prince. Les armoires de la buvette de la quatrième, qui répondoit dans la grand'cliambre, étoient pleines de grenades; enfin il est vrai que toutes mes mesures ëtoient si bien prises, et par le dedans du Palais et par le dehors , où le pont Notre-Dame et le pont Saint-Michel, qui étoient passionnés pour moi, ne faisoient qu'attendre le signal, que, selon toutes les apparences du monde, je ne devois pas être battu. » Voyez aussi les Mémoires de Guy Joli, tome I, p. 217 et suivantes.