Aigri. {^Ms. //, réd. i et
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lui, et il cloit encore clans le parquet des huissiers, lorsque le Coadjuteur étoit déjà arrivé dans la grand salle. A sa vue, tout ce qui tenoit son parti mit Tépée à la main sans en savoir la raison , et les amis de Monsieur le Prince firent aussi la même chose*; chacun se rangea du côté qu'il servoit, et, en un instant, les deux troupes ne furent séparées que de la longueur de leurs épées, sans que, parmi un si grand nombre de braves gens, animés par tant de haines différentes et par tant d'intérêts contraires, il s'en trouvât aucun qui allongeât un coup d'épée, ou qui tirât un coup de pistolet. Le Coadjuteur, voyant un si grand désordre, connut le péril où il étoit, et voulut, pour s'en tirer, retourner^ dans la grand chambre ; mais, en arrivant à la porte de la salle par où il étoit sorti, il trouva que le duc de la Rochefoucauld s'en étoit rendu le maître ^ Il essaya de l'ouvrir avec effort, mais, comme elle ne s'ouvroit que par la moitié, et que le duc de la Rochefoucauld la tenoit, il la referma en sorte, dans le temps que le Coadjuteur rentroit, qu'il l'arrêta ayant la tête passée du côté du parquet des huissiers et le corps dans la grand salle. On pouvoit croire que cette occasion tenteroit le duc de la Rochefoucauld, après tout ce qui s' étoit passé entre eux, et que les raisons générales et particulières le pousseroient à perdre son plus mortel ennemi, puisqu'avec la satisfaction de s'en venger, il vengeoit encore Monsieur le Prince des paroles audacieuses qu'on venoit de dire contre lui. Le duc de la Rochefoucauld
1. Retz ftomelIT, p. 219, éd.Ch.), Mme de Motteville (tome III, p. 418) et Guy Joli (tome I, p. 219 et 220) s'accordent à dire que ce furent les gens de Monsieur le Prince qui tirèrent les premiers répëe.
2. Et voulut s'en retirer et retourner. (Ms. //, réd. i et 2.)