S'en ëtoit rendu maître. {Ms. Jï, réd, i et
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trouvoit juste aussi que la vie du Coadjuteur répondît de r événement du désordre qu'il avoit ému, et duquel le succès auroit sans doute été terrible; mais, considérant qu'on ne se battoit point dans la salle, et que de ceux qui étoient amis du Coadjuteur dans le parquet des huissiers, pas un ne mettoit l'épée à la main pour le défendre, il n'eut pas le même prétexte pour l'attaquer qu'il auroit eu si le combat eût été commencé en quelque endroit^. Les gens même de Monsieur le Prince qui étoient près du duc de la Rochefoucauld ne sentoient pas de quel poids étoit le service qu'ils pouvoient rendre à leur maître^; et enfin l'un, pour ne vouloir pas faire une action qui eût paru cruelle, et les autres, pour être irrésolus dans une si grande affaire, donnèrent temps à Champlàtreux^, fils du Premier Président, d'arriver, avec ordre de la grand chambre de dégager
1. Tout ce passage est, dans le ms. H et clans les anciennes éditions, plus indécis par l'idée et embarrassé par la forme; il semble que la Rochefoucauld, sentant tout l'odieux de sa conduite, ne sache trop à quel tour s'arrêter : « Outre la satisfaction de s'en venger en vengeant Monsieur le Prince des paroles audacieuses qu'il venoit de dire contre lui, on pouvoit croire encore qu'il étoit juste que la vie du Coadjuteur répondît de l'événement du désordre qu'il avoit ému, et duquel le succès pouvoit être apparemment terrible; mais le duc de la Rochefoucauld, considérant qu'on ne se battoit point dans la salle, et que de ceux qui étoient amis du Coadjuteur dans le parquet des huissiers, pas un ne mettoit l'épée à la main pour le défendre, il crut (ainsi il crut^ réd. i) n'avoir pas le même prétexte de se venger de lui, qu'il auroit eu si, etc. » [Ms. H^ réd. i et 2.)
2. A leur maître en ce rencontre. (Ms. 11^ réd. 1 et 2.) — Renouard a changé ce en cette.
3. Jean-Edouard Mole, seigneur de Champlâtreux, d'abord conseiller honoraire, puis, en 1643, maître dos requêtes au parlement de Paris, fut reçu président à mortier en iGSy; il mourut en 1682. Voyez sur lui l'ouvrage de M. de Barante, le Parlement et la Fronde^ 1859, in-80, p. 399 et /\00.
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le Coadjuteur, ce qu'il fit, et ainsi il le retira du plus m-aiid péril où il se fût jamais trouvé ^. Le duc de la llochefoucauld, le voyant entre les mains de Champlàtreux, retourna dans la grand chambre prendre sa place, et le Coadjuteur y arriva dans le même temps, avec le trouble qu'un péril tel que celui ^ qu'il vcnoit d'éviter lui devoit causer. Il commença par se plaindre à l'assemblée de la violence du duc de la Rochefoucauld. Il dit qu'il avoit été près d'C'tre assassiné, et qu'on ne l'avoit tenu à la porte que pour l'exposer à tout ce que ses ennemis auroient voulu entreprendre contre sa personne. Le duc de la Rochefoucauld, se tournant vers le Premier Président, répondit qu'il falloit sans doute que la peur eût oté au Coadjuteur la liberté de juger de ce qui s'étoit
1. Rapprochez du récit de Retz (tome lïl, p. 218 et 219, ed.Ch.): a Comme je mis le pied sur la porte du parquet, j'entendis une fort grande rumeur dans la salle, de gens qui crioient aux armes. Je me voulus retourner pour voir ce que c'étoit, mais je n'en eus pas le temps, parce que je me sentis le cou pris entre les deux battants de la porte, que M. de la Rochefoucauld avoit fermée sur moi, en criant à MM. de Coligny et de Ricousse de me tuer. Le premier se contenta de ne le pas croire ; le second lui dit qu'il n'en avoit point d'ordre de Monsieur le Prince. Montrésor, qui étoit dans le parquet des huissiers avec un garçon de Paris , appelé Noblet , qui m'étoit affectionné, soutenoit un peu un des battants, qui ne laissoit pas de me presser extrêmement. M. de Champlatreux, qui étoit accouru au bruit qui se faisoit dans la salle, me voyant en cette extrémité, poussa avec vigueur M. de la Rochefoucauld. 11 lui dit que c'étoit une honte et ujie horreur qu'un assassinat de cette nature ; il ouvrit la porte et il me fit entrer. » — Guy Joli (tome I, p. 221) rapporte, de son côté, que le duc de la Rochefoucauld, lorsqu'il tenait le Coadjuteur dans la porte, « dit au sieur
de Chavagnac, ami de Monsieur le Prince, qu'il falloit tuer ce b
là, et qu'il le poignardât. Ce gentilhomme dit qu'il n'en feroit rien, et qu'il étoit là pour le service de Son Altesse, mais non pour assassiiier personne, et qu'il le poignardât lui-même, s'il le vouloit. »
2. **Avec tout le trouble qu'un accident comme celui, etc. {Ms.
H, Téd. I.)
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passé ^; qu'autrement il auroit vu^ qu'il n'avoit pas eu dessein de le perdre, puisqu'il ne l'avoit pas fait, ayant eu longtemps sa vie entre ses mains; qu'en effet il s'étoit rendu maître de la porte et l'avoit empêché de rentrer, mais qu'il ne s'étoit pas cru obligé' de remédier à sa peur en exposant Monsieur le Prince et le Parlement à une sédition, que ceux de son parti avoient émue * en le voyant arriver. Ce discours fut suivi de quelques paroles aigres et piquantes, qui obligèrent^ le duc de Brissac, beau-frère du duc de Retz ^, de répondre; et le duc de la Rochefoucauld et lui résolurent de se battre le jour même sans seconds; mais, comme le sujet de leur querelle étoit ^ public, elle fut accordée, au sortir du Palais, par M. le duc d'Orléans^.
1. S'étoit passé dans ce rencontre. {Ms. H^ réd. 2,) — Dans ce moment. {Ms. J7, réd. i.)