‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 349 sur 610 · Le 27 novembre i65i · texte numérisé non relu

Le 27 novembre i65i

MÉMOIRES. [i65i] 3i5

et on attribua au peu de confiance qu'il avoit en ses troupes ce qui n'étoit en effet que le ménagement qu'il ' étoit contraint d'avoir pour les soupçons continuels du comte du Doignon. Cette perte les augmenta encore, et le comte du Doignon s'imaginant * que toutes ses autres places suivroient cet exemple , il se retira à Brouage et n'en sortit plus qu'après avoir fait^ son traité avec la cour'.

Le comte d'Harcourt, encouragé par ces bons succès, et fortifié par des troupes qui l'avoient joint*, se résolut de marcber à Monsieur le Prince, qui étoit à Tonné- Charente; mais Monsieur le Prince^, jugeant bien par le nombre et par le peu de discipline de son armée ^ qu'il étoit beaucoup inférieur à celle du Roi, ne crut pas ^ le devoir attendre dans ce poste ^, et passant la rivière, la nuit, sur un pont de bateaux, il se retira à la Bergerie, qui n'est qu'à demi-lieue de Tonné -Charente. Les troupes du Roi se contentèrent'' d'avoir poussé et défait

1. *Ce qui n'ëtoit qu'un faclieux égard qu'il avoit fallu avoir aux soupçons du comte du Doignon. Il fut vivement touché de cette nouvelle, et s'imaginant. (Ms. H, réd. i et 2.) — Le texte des anciennes éditions ne diffère de cette leçon que par ombrages au lieu de soupçons^ et par l'omission de fâcheux.

2. Et n'en sortit plus jusques à ce qu'il eut fait. {Ms. H^ réd. i et a.)

3. « Dont apparemment il a eu sujet de se repentir, » ajoutent le ms. H (réd. i et 2) et les anciennes éditions.

4. *Qui avoient joint son armée. {Ms. H^réd. i et 2.) — Six mille hommes de pied et quatre mille chevaux, que lui avait amenés le marquis de Castelnau, second fils du maréchal de la Force.

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