‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 353 sur 610 · I1 renvoya. {Ms. H., réd. i et · texte numérisé non relu

I1 renvoya. {Ms. H., réd. i et

MÉMOIRES. [iGm] 319

mencoicnt à clianj^er de sentiment sur les nouveaux progrès (les armes du Roi. Il le chargea aussi de proposer au parlement de Bourdeaux de consentir que le baron de Balteville et les Espagnols fussent mis en possession de la ville et du château de Bourg*, qu'ils oiTroient de fortifier'. Fontrailles^ vint alors trouver* Monsieur le Prince de la part de M. le duc d'Orléans, pour voir l'état de ses affaires , et pour l'informer aussi que le parlement de Paris étoit sur le point de se joindre à AI. le duc d'Orléans pour empêcher^ le retour du cardinal Mazarin, et que M. le duc d'Orléans se disposoit à agir de concert avec Monsieur le Prince dans ce même dessein. Fontrailles lui proposa une réconciliation avec le Coadjuteur, et lui témoigna que M. le duc d'Orléans la desiroit ardemment ^. Monsieur le Prince

I. Bourg-sur-Gironde : voyez ci-dessus, p. 201, note i. a. Cette remise de Bourg aux Espagnols était une des conditions du traité conclu par l'intermédiaire de Lenet.

3. Louis d'Astarac, vicomte de Fontrailles, marquis de Marestang, sénéchal d'Armagnac, auteur d'une Relation^ que nous avons citée, des choses particulières de la cour pendant la faveur de Monsieur le Grand, i663, in-12.

4. Durant ces choses Fontrailles fut trouver. {Ms. H, réd. i.)

5. Pour chercher toutes sortes de voies afin d'empêcher. {Ms.H, réd. I et 2.)

6. Sur le rôle du Coadjuteur à ce moment critique, voyez les Mémoires de Retz ^ tome III, chap. xxxiv, éd. Ch. Quant au sujet dont parle ici la Rochefoucauld, le Coadjuteur se borne à dire (p. 3io et 3 II), après avoir raconté la scène du Parlement (24 janvier) oii le maréchal d'Estampes avait en vain proposé à la Compagnie de déclarer l'union avec Condé : « M. le duc d'Orléans, qui étoit présent à cette scène, en fut atterré, et ce fut ce qui le détermina à joindre

ses troupes à celles de Monsieur le Prince Il m'avoua — qu'il

avoit eu bien de la peine à s'y résoudre; mais qu'il confessoit que puisqu'il n'y avoit rien à espérer du Parlement , qu'il se perdroit lui et qu'il perdroit aussi tous ceux qui étoient embarqués avec lui; qu'il ne falloit pas laisser périr Monsieur le Prince; et peu s'en fallut qu'il ne me proposât de me raccommoder avec lui. Il n'en vint

ne répondit rien de positif à cet article, soit qu'il ne crût pas pouvoir prendre des mesures certaines avec le Coadjuteur, ou soit qu'il crût que celles qu'il prendroit ne seroient pas approuvées de Mme de Longueville et du duc de la Rochefoucauld, à qui il étoit engagé de ne se réconcilier point avec le Coadjuteur sans leur participation et sans leur consentement ; il promit néanmoins à Fontrailles de suivre le sentiment* de M. le duc d'Orléans, quand les choses seroient plus avancées, et lorsque cette réconciliation pourroit être utile au bien commun du parti.

En ce même temps ^, le comte de Marchin joignit Monsieur le Prince à la Bergerie, et lui amena mille hommes de pied et trois cents chevaux, des meilleures troupes de l'armée de Catalogne, qu'il commandoit. Beaucoup de gens ont blâmé cette action comme * une trahison ; pour moi je n'entreprendrai point ni de la condamner ni de la défendre : je dirai * seulement pour la vérité que M. de Marchin s' étant attaché depuis longtemps à Monsieur le Prince, il avoit reçu de lui le gouvernement de Bellegarde^, qui étoit une de ses places; et qu'ensuite Monsieur le Prince l'avoit^ non-seulement maintenu dans le service , mais même il l' avoit fait nommer vice-roi de Catalogne, et lui avoit procuré le

toutefois pas jusque-là , soit qu'il fît réflexion sur mes engagements, qui ne lui étoient pas inconnus, soit, et c'est ce qui m'en parut, que la peur qu'il avoit de se mettre dans la dépendance de Monsieur le Prince fut plus forte dans son esprit que celle qu'il venoit de prendre de ce contre-temps du Parlement. »

Page 1