Voyez ci-après, appendice i, p. 47^ et
2. Voyez p. 478. — 3. Voyez p. 63 et 64. 4. Voyez p. 75 et 76.
« vouloit donner des marques si éclatantes de sa faveur qu'on en pût attribuer la cause à tout ce qui eût été le plus capable de satisfaire son ambition et même sa vanité » : cette circonlocution était à coup sûr très-embarrassée. Quelle netteté, au contraire, dans la correction : « Il [Beau fort) se vantoit même de son crédit aux dépens de la réputation de la Reine * » !
Nous nous bornerons à ces rapprochements, qui font assez voir l'esprit qui a inspiré les changements survenus d'un texte à l'autre. Il y a toutefois dans la version primitive un ou deux passages qu'on regrette de ne plus trouver dans la seconde : celui-ci, entre autres, qui a toute la profondeur d'une maxime ; il s'agit du refroidissement de la Reine, une fois captivée par Mazarin, à l'égard de Mme de Chevreuse : « et je connus, avait écrit d'abord la Rochefoucauld, par de certains défauts quelle remarqua en sa personne^ que les mauvais offices qu'on lui avoit rendus avoient fait une assez grande impression"-^. »
Quelques éditeurs, nous l'avons dit, n'ont voulu accorder à la première partie, longtemps inédite, des Mémoires de la Rochefoucauld que la valeur secondaire d'une introduction. Est-ce parce que l'auteur, pour qui le moi n'eut jamais rien de bien haïssable, y emploie le style direct, tandis que, dans l'autre moitié de la narration, il use, comme César en ses Commentaires, de la troisième personne? Il nous serait permis de répondre à cela qu'il se peut qu'il ait eu l'intention, sans y avoir donné suite, de refondre l'ensemble des Mémoires de façon à rendre partout le récit personnel. Mais, en écartant même cette conjecture , ne peut-on pas dire, qu'à y regarder de près, l'anomalie n'est pas bien grave ? Si l'on compare l'une avec l'autre les deux parties dont se composent les Mémoires^ on est frappé d'une différence générale dans le caractère du récit, qui explique suffisamment la différence du tour narratif. De 1624 à 1649, la Rochefoucauld fait son entrée dans le monde, il n'est alors que prince de Marcillac; jusqu'à ce que le mouvement de la première Fronde se déclare, il n'a pas encore de parti pris politique; rien n'assure qu'il aura un rôle éclatant dans la faction. Partant, ce qui domine dans son récit, ce
I. Voyez p. 47^ de V Appendice cl p. 64 des Mémoires. a. Voyez p. 4^0.