‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 514 sur 610 · De l'espérance · texte numérisé non relu

De l'espérance

et qu'elle attendoil du cardinal Mazarin et de M. de Cliavigny le nuMue service que 31. des Noyers avoit eu dessein de lui rendre, lis lui donnoient tous les jours l'un et l'autre toutes les assurances qu'elle pouvoit désirer de leur lid«'lii(', ci elle en atteiuloit des prouves, lorsqtu^ la maladie du Roi, augmentant à un point qu'il ne lui restoit aucune espérance de guérison, leur donna lieu de lui proposer de régler toutes choses, durant que sa santé lui pouvoit permettre tle choisir lui-même une forme de gouvernement (|ui put exclure des affaires toutes les personnes qui lui étoient suspectes.

Cette proposition, quoiqu'elle fut apparemment contre les intérêts de la l\eiiu\ lui sem!)la néanmoins trop favorahle pour elle. Il ne pouvoit consentir à la déclarer régente, et ne se pouvoit résoudre aussi à partager Pautorité entre elle et Monsieur. Les intelligences dont il Fai-oit soupçonnée ^ et le pardon qu''il venoit (raccorder à Monsieur pour le traité (T Espagne^ le tenoieut dans une irrésolution qu'il «'eût peut-être pas surmontée^ si les conditions de la déclaration que le cardinal Mazarin et M. de Chavigny lui proposèrent ne lui eussent fourni t'expédient qu^il souhaitoit pour diminuer la puissance de la Reine et pour la rendre en quelque façon dépendante du conseil qu'il vouloit établir.

Cependant la Reine et Monsieur, qui avoient eu trop de marques de faversion du Roi, et qui le soupçonnoient presque également de les vouloir exclure du maniement des affaires, cherchoient toutes sortes de voies pour j parvenir. 7'a/ su de M. de Chavigny même qu^ étant allé trouver le Roi, de la part de la Reine, pour lui demander pardon de tout ce qu'elle avoit jamais fait, et même de ce qu'elle^ lui avoit déplu dans sa conduite, le suppliant particulièrement de ne point croire quelle eiît eu aucune part à Voffaire de Ckalais, ni qu^elle eût trempé dans le dessein d'épouser Monsieur après que Chalais auroit fait mourir le Roi, il répondit sur cela à M. de Chavigny sans s'émouvoir : " En l'état oh je suis, je dois lui pardonner ; mais je ne la dois pas croire. » Chacun croyoit d'abord avoir droit de prétendre la Régence à Pe.tclusion l'un de P autre, et si Monsieur ne demeura pas longtemps dans cette pensée, pour le moins crut-il devoir être déclaré corégent avec elle'.

Les espérances de la cour et de tout le Royaume étoient trop

1. Conclu par le sieur de Foatrailles, au nom de Monsieur, avec le Comte- Duc"», premier ministre d'Espagne, le 1 3 de mars 1642. [Note de l'édition de 1G88.) — Yoyrz ci-dessus, p. 45, et note i.

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