‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 515 sur 610 · Voyez les Mémoires, p · texte numérisé non relu

Voyez les Mémoires, p

« Le comte d'Olivarès, duc de San-Lucar.

différentes, et tout l'Etat, qui avoit également * souffert durant la faveur du cardinal de Richelieu, attendoit un changement avec trop d'impatience, pour ne recevoir pas avec joie une nouveauté dont chaque particulier espérait de profiter. Les intérêts différents des principaux du Royaume et des plus considérables du Parlement les obligèrent bientôt à prendre parti entre la Reine et Monsieur; et si les brigues qu'on faisoit pour eux rî'éclatoient pas davantage^ c^est que la santé du Roi^ qui semblait quelquefois se rétablir^ leur faisoit craindre qu'il ne fût averti de leurs pratiques^ et qu^il ne fît passer pour un crime les précautions qu'ils prenoient d'établir leur autorité après sa mort.

Ce fut dans cette conjoncture-là. que Je crus qu^il importoit à la Reine d^être assurée du duc d'Enghien. Elle approuva la proposition que je lui fis de se l'acquérir, et m'étant rencontré dans une liaison'^ trèsparticulière d'amitié avec Coligny^ en qui le duc d'Enghien avoit toute confiance^ je leur représentai à l'un et à l'autre les avantages que la Reine et le duc d'Enghien rencontreroient à être unis, et qu^outre Vintérêt particulier qu'ils avoient de s'opposer à l'autorité de Monsieur^ celui de VEtat les y obligeait encore. Cette proposition-lk étoit assez avantageuse au duc d'Enghien pour la recevoir agréablement. Il m'ordonna donc de contribuer à la faire réussir^ et comme le commerce que j'aurois eu avec lui eût pu être' suspect au Roi ou à Monsieur, principalement dans un temps où l'on venait de lui donner le commandement de Parmée, et qu'en toutes façons il importoit extrêmement de le tenir secret,^ il désira que ce fût à Coligny seul que Je rendisse les réponses de la Reine^ et que nous fussions les seuls témoins de leur intelligence. Il n'y eut aucune condition par écrit; et Coligny et moi fûmes dépositaires de la parole que la Reine donnait au duc d'Enghien de le préférer à Monsieur^ non-seulement par des marques de son estime et de sa confiance., mais aussi dans tous les emplois d'où elle pourrait exclure Monsieur par des biais dont ils conviendroient ensemble et qui ne pourroient point porter Monsieur à une rupture ouverte avec la Reine, Le duc d'Enghien promettait., de son côté., d'être inséparablement attaché aux intérêts de la Reine., et de ne prétendre que par elle toutes les grâces qiCil désirerait de la cour. Le duc d'Enghien partit peu de temps après pour aller commander r armée en Flandres., et donner commencement aux grandes choses qu'il a si glorieusement exécutées'^.

Le Rai., de qui la maladie augmentoit tous les jours, voulant don-

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