‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 535 sur 610 · I. Voyez p · texte numérisé non relu

I. Voyez p

APPENDICE AUX MÉMOIRES. AcjS

Frondeurs lui dvi'oit faire corinoitrc qu'ils se vouloirnt rendre maîtres des Princes, atln clo les perdre et le perdre liii-menie ensuite avec plus de facilité, ou pour leur donner la liberté et les engager par là à travailler ensemble à la ruine de la Reine et cà la sienne ; que Ut <r„t'rrt' étoit finie en dnenne, wais <jue le désir de la recommencer dans tout le Royaume ne jiniroit jamais qu'avec la prison des Princes^ et qu'il en devoit d'autant plus croire ceux qui lui parloient, qu'ils ne craignoient pas de le dire à lui-même pendant qu'il les avolt entre ses mains et qu'ils n'avoient autre sûreté que sa parole; que les cabales se renouveloient, de toutes parts, dans le parlement de Paris et dans tous les autres parlements du Royaume, pour procurer la liberté aux Princes et pour les ôter de ses mains ; et qu'enfin tout ce que lesdits ducs pourroient faire étoit de procurer par toutes voies la liberté des Princes, mais de souhaiter que préférablement à tous autres ils lui en eussent l'obligation. Ce discours fit l'effet qu'on desirolt : il ébranla le Cardinal et donna jalousie aux Frondeurs et à M. d'Orléans; cela leur ôta Vespérancc d'avoir les Princes entre leurs mains, et les fit résoudre à se réunir avec eux et à chercher de nouveau les moyens de perdre /e Cardinal^.

Les Frondeurs , depuis la prison des Princes, ont essayé de tirer sous main tous les avantages possibles de leur réconciliation avec le cardinal Mazarin, de son consentement; mais ils affectoient toujours de faire croire qu'ils n'avoient point changé de dessein de le perdre, afin de conserver leur crédit dans le peuple : de sorte que ce quils ont fait pour cela dans le commencement, de concert avec le cardinal :SL\ziXTin, leur a depuis servi contre lui quand ils ont tout de bon souhaité de le ruiner'^. J'ai déjà dit que la conversation des ducs de Bouillon et de la Rochefoucauld avec le Cardinal leur avoit été fort suspecte : Mademoiselle en prit l'alarme et la donna à M. d'Orléans ; ensuite les Frondeurs firent les derniers efforts pour être maîtres des Princes, et, voyant qu'on les refusoit, ils entrèrent en négociation avec Messieurs les Princes et avec ceux qui traitoient pour eux : ils engagèrent M. d'Orléans à procurer leur liberté. Le président Fiole, Arnauld, Montreuil, secrétaire du prince de Conti, et plusieurs autres entamèrent des négociations avec 31. d'Orléans, le Coadjuteur, Mme de Chevreusc et les Frondeurs, et avec^l. de Beaufort et Mme de Montbazon; d'autres traitèrent avec le Cardinal. Dans ce temps-là, la princesse Palatitie avoit plus de part que personne à la confiance des Princes et à celle de la duchesse de Lonmieville. Elle avoit commencé toutes les négociations

1. Voyez p. 207-210; et particulièrement la note i de la page 2 10,

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