‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 539 sur 610 · MÉMOIRES DE VINEUIL · texte numérisé non relu

MÉMOIRES DE VINEUIL

Voyez, au sujet de ce morceau, les observations contenues dans la Notice, en tête de ce volume. Les éditions antérieures à la nôtre le donnent toutes comme faisant partie des Mémoires de la Rochefoucauld. Elles le placent a la suite du fragment primitif des Mémoires sur la Régence (n" I de cet appendice). Celles de Petitot (1826) et de Micliaud (i838) l'y joignent sans séparation ni titre à part; les autres (1662-1804) l'intitulent Guerre de Pans. Nous en reproduisons ici le texte tel que nous le trouvons dans un manuscrit, sans cote, conservé à la Roche-Guyon, dans lequel le titre est : Mémoires de M. de Vineuil. Nous n'indiquons en note, parmi les variantes des éditions, que celles qui nous paraissent avoir quelque intérêt soit pour le fond, soit pour la langue. — Louis Ardier, sieur de Vineuil, était, dit Bussy Rabutin dans son Histoire amoureuse des Gaules (édition deM. L. Lalanne, 1857, tome II, Appendice, p. 387), a frère du président Ardier', d'une assez bonne famille de Paris, agréable de visage, assez bien fait de sa personne; il étoit savant, en honnête homme, il avoit l'esprit plaisant et satirique, quoiqu'il craignît tout, et cela lui avoit attiré souvent de méchantes affaires. » V. Cousin, dans Madame de Sablé (édition de i854, V-l"^)' le qualifie de a bel esprit un peu subalterne, à moitié homme du monde, à moitié homme de lettres. » 11 servit, avec beaucoup d'activité, la cause de Condé, et se trouva mêlé à un certain nombre d'aventures bruyantes, telles que la querelle de Jarzé et de Beaufort, au jardin Renard (voyez ci-dessus, p. i43 et note 5) . Ce fut lui qui eut charge de proposer à Mme de Chevreuse le mariage de sa fille avec le prince de Conty, et qui, en janvier i65o, avertit Monsieur le Prince des mesures qu'on prenait pour l'arrêter. L'arrestation une fois accomplie, il devint un des fauteurs les plus ardents de l'agitation excitée en faveur des Princes : « Je viens de recevoir avis de très-bon lieu, écrit Mazarin a le Tellier, à la date du 12 février i65o, que Vineuil ne se contente pas de faire toutes les cabales qu'il peut dans Paris, en faveur du parti des princes pristinniers; mais qu'il tient continuellement des discours contre l'honneur de la Reine et tendant à sédition, et à passer même à des attentats, pour faire entreprendre à d'autres, plus hardis que lui, ce qu'il u'oseroit faire. J'en ai donné part a la Reine, qui me charge de vous prier d'eu parler à Son Altesse Royale {Gaston duc d'Orléans)^ pour y faire prendre résolution, soit en arrêtant ledit Vineuil, soit en l'éloignant en quelque lieu où il ne puisse faire de mal. j> [Mémoires de Mat/lieu Mole, Appendice du tome IV, p. 367.) En effet, quelques jours après, Vineuil reçoit l'ordre de se retirer dans ses terres à Beauregard. Il est arrêté à Loches ^ à la fin de i65i [Mémoires du comte de Brienne, le

1. Paul Ardier de Beauregard, président en la chambre des comptes, auteur d'une Histoire des guerres de la Falleline et de Ge/ié.y, de 1624 à i65i.

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