‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 540 sur 610 · Mme de Mottcville (tome III, p. 4G0) dit « à Poitiers · texte numérisé non relu

Mme de Mottcville (tome III, p. 4G0) dit « à Poitiers

APPEXniCK AUX MEMOIRES. 5oi

vieut, tome II, p. ii)i), chargé de lettres de la part du prince de Condé; pais on le relâche aussitôt. En i()53, il se fait encore prendre, venant de Flandre avec des messages send>Ial)les. En ifiS^Î, à la suite d'une galanterie avec la princesse de \N ittenherg, lillc du inarcchal de Cliàtillon, il est exilé à Tours, par les intrigues de son rival l'ahhé Foucquet. On le retrouve plus tard, en 1675 [Lettres de Madame de Sèvignè, tome IV, p. i36, i(>7 et note 7, 170 et 171), à Saumur, <( bien vieilli, hien toussant et bien crachant, et dévot, mais toujours de IVsprit. » Mme de Sévigné dit ailleurs {Lettre du ao novembre 1676, torae V, p. i4c)) que Vineuil se proposait d'écrire la vie de Tureune; rien n'en a paru; toute st)u œuvre littéraire se borne au fragment de Mémoires que l'on va lire, et aux portraits de Mmes CornucI et d'Olonne, qui lui sont attribués dans la Galerie de portraits de Mademoiselle : voyez V. Cousin, Madame de Sablé ^ l854, p. 208.

Il est quasi ' impossible d'écrire une relation bien juste des mouvements passés, parce que ceux qui les ont causés, ayant agi par de mauvais principes, ont pris soin d'en dérober la connoissance, de peur que la postérité ne leur imput;U d'avoir dévoué à leurs intérêts la félicité de leur patrie. Outre cette raison , il est assez malaisé à celui qui écrit les affaires* de son temps, qu'il conserve ses passions si pures qu'il ne s'abandonne ou à la haine ou à la flatterie, qui sont les écueils ordinaires où la vérité fait naufrage. Quant à moi, je me propose de faire un récit sincère et* désintéressé de ce qui s'est passé, pour laisser la liberté entière, à ceux qui le liront, du blâme et de la louange.

La France avoit déclaré la guerre, en l'année i635, à la maison d'Autriche*, et la fortune avoit favorisé une si haute entreprise par tant d'heureux succès, qu'elle étoit victorieuse par tous les endroits où elle portoit ses armes. Nous avions pénétré dans le cœur de la Flandre, ayant assujetti toute la rivière du Lys**; l'on avoit porté en Allemagne la victoire jusqu'au Danube, par la fameuse bataille de Norlingue; le Milanois étoit le théâtre de la guerre d'Italie; et, du oôté d'Espagne, nos conquêtes n'auroient pas été bornées par le

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