En si haut point. (i662-i
7. Voilà ce portrait de Mme de Longueville, si souvent cité jusqu'ici comme étant delà Rochefoucauld. Rapprochez-le des termes employés par ce
En ce temps-là, le prince de Marcillac ' avoit part clans son esprit, et, comme il joignoit l'ambition^ à son amour, il lui inspirale désir des affaires, encore qu'elle y eût une aversion naturelle, et s'aida de la passion qu'elle avoit de se venger de Monsieur le Prince en lui opposant le prince de Conti. Le Coadjuteur fut heureux dans son projet par la disposition où il trouva le frère et la sœur, qui se lièrent avec les Frondeurs par un traité, dans lequel entra le duc de Longueville, poussé par des espérances de faire réussir au Parlement ses prétentions mal fondées de prince du sang'. La cour, voyant que les menées de ses ennemis prévaloient à un point que l'on demandoit ouvertement la perte du Cardinal, mit toute son espérance en M. le duc d'Orléans et en* Monsieur le Prince, et crut que leur union à Leurs Majestés les mettroit à la raison. Or, comme le mal avoit pénétré si avant qu'il falloit la force pour le déraciner, elle jugea que la nature tempérée de M. le duc d'Orléans y seroit moins propre que celle de Monsieur le Prince, incapable de toute modération, joint à cela que sa réputation dans la guerre , l'éclat de ses victoires , le secours de ses troupes, donneroient de la terreur dans les esprits^: de sorte que l'on s'appliqua particulièrement à l'acquérir à une cause si jviste. La Reine y employa des persuasions puissantes ; à savoir des larmes et des paroles assez tendres, en lui disant qu'elle le tenoit pour son troisième fils. Le Cardinal lui promit qu'il seroit toute sa vie dépendant de ses volontés; le Roi même, en l'embrassant, lui recommanda le salut de son État et de sa personne, si bien que la cour le considéroit comme le principal défenseur de sa fortune; mais ceux qui le déterminèrent absolument * furent le maréchal de Gramont et le Tellier' par de semblables persuasions : ils lui représentèrent que, de degré en degré", le Parlement envahissoit toute lautorité ; que, sans borner son ambition par la déclaration du 28 octobre^, non-seulement il vouloit connoître des affaires de la guerre, mais encore se donner le pouvoir d'ôter les ministres, afin
dernier, la première fois qu'il parle de la duchesse dans ses Mémoires, p. 81 et 82.
1. Le futur duc de la Rochefoucauld, l'auteur des Mémoires qui précèdent.