‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 77 sur 610 · Pouvoient. [Ibidem · texte numérisé non relu

Pouvoient. [Ibidem

5. Chavigny avait recommandé à du Tremblay, gouverneur de la Bastille, frère du P. Joseph du Tremblay, le confident de Riche-

Ce peu de temps que j'y demeurai me représenta plus vivement que tout ce que j'avois vu jusqu'alors l'image affreuse de la domination du Cardinal^. J'y vis le maréchal de Bassompierre ", dont le mérite et les agréables qualités étoient si connues^ ; j'y vis le maréchal de Vitry *, le comte de Cramail ^, le commandeur de

lieu, qu'on eût « à bien loger » le prince de Marcillac, et qu'on lui permît de se promener sur la terrasse. Voyez dans Madame de Chei'reuse, p. 435, note, le texte du billet écrit par Cha-

1 . L'image de la cruauté de P administration du Cardinal. — Cette leçon est ainsi imprimée en italique dans l'édition de 18 17, où se trouve cette note : « Ces mois sont, dans le manuscrit, de la main de M. de la Rochefoucauld. » — Les éditions de 1826 et de i838 terminent la phrase par ces seuls mots : « l'image de la vengeance ; » et au sujet de cette variante, on lit dans toutes deux l'annotation suïa ante : « Dans notre manuscrit, les mots de la vengeance sont écrits au crayon. »

2. On voit dans les Mémoires de la Porte^ oii il est parlé longuement (p. 383-386) de ces prisonniers de marque, que l'âge avait ôté la mémoire à Bassompierre (voyez ci-dessus, p. 18, note 8), et qu'il rabâchait sans cesse « l'histoire de ses amours. »

3. Notre manuscrit fait ainsi accorder le participe avec le second substantif; tel est aussi le texte de l'édition de 18 17 ; celles de 1826, 38 donnent connus.

4. Nicolas de l'Hôpital, marquis, puis duc de Vitry. Il avait été créé maréchal en 16 17, le jour même où il s'était chargé de l'assassinat du maréchal d'Ancre. Emprisonne' en 1637, à la suite d'une violente querelle avec l'archevêque de Bordeaux, Henri de Sourdis, il ne sortit de la Bastille qu'après la mort de Richelieu. Il mourut en i644-

5. Adrien, comte de Montluc, petit-fils du maréchal de Montluc, incarcéré après la journée des Dupes, mort en 1646. Il était, par sa femme, comte de Cramail ou Garmain. Régnier lui a dédié sa satire JI^ sous ce nom : A monsieur le comte de Caramain '^i'"'* édition, ifio8; dans les suivantes Garamain). Retz lui lit à la Bastille, durant sa détention, une visite , qu'il raconte dans ses Mémoires (tome I, p. iSg-ifii), où se noua le complot qui avorta par la mort du comte de Soissons, tué à la Marfée. Le comte de Cramail a publié, sous le nom de sieur Devaux, un livre grotesque, les Jeux

Jars \ le Fargis*, le Coudray-Montpensier*, Vautier*, et un nombre infini de gens de toutes conditions et de tous sexes, malheureux et persécutés par une longue et cruelle prison ^. La vue de tant d'objets pitoyables augmenta encore la haine naturelle que j'avois pour l'administration du cardinal de Richelieu. Le maréchal de la Meilleraye me vint tirer de la Bastille, huit jours après m'y avoir mené, et j'allai avec lui à RueP remercier le Cardinal de la liberté qui m'étoit rendue^. Je le trouvai froid et sérieux; je n'entrai point ^ en justification sur ma conduite : il me parut qu'il en étoit piqué ; et je me

de rinconnu (Rouen, i63o, in-80) ; on lui doit en outre la Comédie des Proverbes (161 6).

I. Et non de Thouors , comme porte l'édition de 1817. — François de Rochechouart , chevalier de Jars , commandeur de l'ordre de Mdlte , avait été arrêté en 1682, lors de la disgrâce de Châteauneuf (voyez plus haut, p. 19). Condamné à mort, il avait reçu son pardon sur l'échafaud même.

a. Charles d'Angennes, comte de Fargis ou du Fargis, ancien ambassadeur de France en Espagne, avait été emprisonné le 14 février i635. Voyez sur lui, et sur sa femme, une Historiette de Tallemaut des Héant, tome II, p. 1 21-124-

3. Henri d'Escoubleau, marquis du Coudray-Montpensier, était attaché au duc d'Orléans, Il avait été arrêté en même temps que du Fargis.

4. Premier médecin de Marie de Médicis, puis de Louis XIV, mort en i652, avait été emprisonné après la journée des Dupes.

5. Pour la plupart, cette prison ne fut pas si cruelle, si l'on en croit Retz, tome I, p. 159-162.

6. Les mots à Ruel ne sont pas dans l'édition de 181 7. — Le château de Iluel ou Rueil, entre Paris et Saint-Germain, sur les bords de la Seine, était la résidence d'été du cardinal de Richelieu, qui y donnait des fêles d'une magnificence presque royale. Voyez le Dlctiuiinaire géograplùijiu'. de Thomas Corneille , 1708 , au mot Ruel; et V. Cousin, la Jeunesse de Madame de Longueville ^

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