Nul que lui. (^Ibidem
MÉMOIRES. [i64i] Gi
commencement de la Régence, et depuis, dans la première guerre de Paris ^ . Il se lia particulièrement avec Tévêque de Bcauvais -, qui ètoit le seul des serviteurs de la Reine que le cardinal de Richelieu n'avoit pas * jugé digne d'en être éloigné. Sa longue assiduité auprès d'elle lui avoit acquis beaucoup de crédit, et lui avoit fait trouver des occasions de détruire presque tous ceux qu'elle avoit considérés. Il ne s'opposa point à la faveur du duc de Beaufort, dans la vue de ruiner de concert le cardinal Mazarin, qui laisoit beaucoup de progrès dans l'esprit de cette princesse *. L'évéque de Beauvais crut
I. La Cliâtre (p. i86) est moins sévère clans le portrait qu'il fait de Beaufort : « Un peu de vanité et de feu de jeunesse, dit-il entre autres choses, lui fit faire à son retour des fautes notables. » Quant à Retz (tome II, p. 177 et 178), voici sous quels traits il nous dépeint le chef des Importants : « (Son sens) étoit court et lourd, et d'autant plus qu'il étoit o])SCurci par la présomption. Il se croyoit habile, et c'est ce qui le faisoit paroitre artificieux, parce que l'on connoissoit d'abord qu'il n'avoit pas assez desprit pour être fin. Il étoit brave de sa personne, et plus qu'il n'appartenoit à un fanfaron : il l'étoit en tout sans exception , en rien plus faussement qu'en galanterie. Il parloit et il pensoit comme le peuple. î — Voyez;, au tome I, p. 54, 70 et 84» les notes de M. Gilbert sur les maximes 56, 90 et I2i).
2. Augustin Potier, évêque de Beauvais en 1616, premier aumônier de la reine Anne d'Autriche, et nommé ministre d'Etat au commencement de la Régence, mort le 19 juin t65o. Il étaitoncle du président aux Enquêtes René Potier de Blancmesnil. Retz (tome I, p. 209 et p. 229) le traite de a plus idiot que tous les idiots » et de c bête mitrée t. ^Ime de Motteville se borne à dire (tome I, p. 109) qu'il « ne soutcnoit pas les affaires avec la force et la capacité qu'un premier ministre doit avoir. »