‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 123 sur 616 · A qui il falloit s'adresser · texte numérisé non relu

A qui il falloit s'adresser

2. of M. le duc d'Orléans avoit, dit Retz (tome II, p. lyS), à l'exception du courage, tout ce qui étoit nécessaire à un honnête homme; » et, parlant de sa faiblesse, il ajoute : « Comme elle régnoit dans son cœur par la frayeur, et dans son esprit par Firrésolution, elle salit tout le cours de sa vie. »

3. Louis Barbier, né à Montfort-rAmaury, d'abord professeur de philosophie au collège du Plessis à Paris, puis sous-précepteur dans la maison du duc d'Orléans. On raconte qu'il savait Rabelais par cœur, et que c'est là ce qui lui valut la faveur de Gaston, dont Rabelais était, dit-on, l'auteur préféré. Ayant échoué dans la poursuite du chapeau de cardinal, il eut, comme dédommagement, l'abbaye de Saint-Benoit et, en i656, l'évêché de Langres, qui était duché-pairie. 11 mourut en 1670. On prétendait qu'il avait vendu tant de fois le duc d'Orléans, son maître, que nul n'en pouvait mieux savoir le prix.

4. Henri II de Bourbon n'avait pas toujours été aussi exclusivement appliqué à ses affaires domestiques, témoin les trois années de prison qu'il avait passées à la Bastille et à Vincennes sous la régence de Marie de Médicis. Cette leçon lui avait sufli ; rendu à la liberté, il s'était guéri de l'ambition par l'avarice, conformément à la io« maxime, de la Rocbefoucauld (tome I, p. 34) '• " H J a dans le cœur humain une génération perpétuelle de passions, en

d'un esprit grand, clair, pénétrant et capable, hrilloit de toute la gloire que le gain de la bataille de Rocroy * et la prise de Thionville * pouvoient donner à un prince de vingt ans; il revenoit avec tout T éclat que méritoient de si grands commencements, et il étoit avec la Reine dans la même liaison dont j'ai parlé, et que j'avois concertée'. Madame la Princesse, sa mère, suivoit ses engagements : elle éloit attachée par elle-même à la Reine, qui lui avoit l'eudu Chantilly et tout ce que le feu Roi avoit retenu de la confiscation du duc de Montmorency*. Mme la duchesse de Longueville', sa fdle, suivoit les intérêts de sa maison ; elle étoit trop occupée des charmes de sa beauté, et de l'impression que les grâces de son esprit faisoient sur tout ce qui la voyoit*, pour

sorte que la ruine de l'une est presque toujours l'établissement d'une autre. » Retz dit aussi du père du grand Condé (tome I, p. a35) qu'il était « attaché à la cour par son avarice. »

1. Gagnée le 19 mai 1643, cinq jours après la mort de Louis XIII. Mme de Motteville rapporte (tome I, p. 112) que le Roi, avant de mourir, avait vu en rêve le duc d'Enghien « donner un combat et défaire les ennemis en ce même lieu » de Rocroy. Voyez, sur cette bataille, la Jeunesse de Madame de LonguevUle , par V. Cousin, p. 3ï4-'-»i7, et p. 3io; la série de pièces curieuses qui se trouvent à V Appendice de cet ouvrage, p. 532-585; et la Société française au dix-se/itièine siècle, tome I, chapitre iv.

2. C'est le 10 août 164^ que fut prise cette place, « qu'on jugeoit infaillible, » dit la Châtre, p. 23 1.

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