‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 124 sur 616 · Voyez p. 3o, note · texte numérisé non relu

Voyez p. 3o, note

5. Anne-Geneviève de Bourbon, née en 1619, au donjon deVincennes, pendant la captivité de son père, morte en 1679 aux Carmélites du faubourg Saint- Jacques. Elle avait épousé, à l'iîge de vingt-trois ans, le 2 juin 1642, Henri II d'Orléans, duc de Longueville, qui avait quarante-sept ans. — Voyez sur elle V. Cousin : la Jeunesse de Madame de Longueville ; Madame de Longueville pendant la Fronde; et la Société française au dix-septième siècle, tome I, chapitre i.

6. Sur tous ceux qui la voyoient. (1817, 26, 38.) — Retz (tome II,

La RoCHEFOtJC.VULD. II ô

connoître encore rambition ; et elle étoit bien éloignée de prévoir quelle part elle auroit à tout ce qui a troublé la fm de la Régence et les premières années de la majorité du Roi.

Les choses étoient en ces termes, et le cardinal Mazarin, d'une part, et Mme de Chevreuse et le duc de Beaulort, de l'autre, songeoient avec beaucoup d'application à se détruire*. La bonne fortune du Cardinal et l'imprudence du duc de Beaufort et de IMnie de Montbazon^, dont il étoit amoureux, fournirent bientôt une occasion, dont le Cardinal sut profiter pour venir à bout de son dessein. Un jour que Mme de Montbazon gar-

p. 123) et Mme de Motteville (tome I, p. 335) disent l'un et l'autre que la petite vérole, qu'elle avait eue en 1G42, l'année même de son mariage, avait altéré la fraîcheur de son teint, mais sans diminuer l'éclat de ses charmes.

r. On voit dans les Carnets de Mazarin que le Cardinal considérait IMme de Chevreuse comme le véritable chef du parti qui lui taisait la guerre. <s C'est Mme de Chevreuse, dit-il, qui les anime tous. » Et ailleurs : a L'art de Mme de Chevreuse et des Importants, c'est de faire en sorte que la Reine n'entende que des discours favorables à leur parti et dirigés contre moi, et de lui rendre suspect quiconque ne leur appartient pas et me témoigne quelque affection. » {^Journal des savants, i855, p. 44° ^^ 44i-) On découvre aussi, à cette date de juillet liit^'i, dans ces mêmes Carnets^ la trace de perplexités qui donnent à penser que le Cardinal ne se sentait pas encore complètement maître du cœur d'Anne d'Autriche.

2. Marie d'Avaugour de Bretagne, fille aînée du comte de Vertus et de Catherine de la Varenne Fouquet, née vers 1612, morte en lôSy. Par son mariage avec Hercule de Rohan, duc de Monthazon (1628), elle était devenue la belle-mère de Mme de Chevreuse. Ses déportements sont célèbres. Retz dit d'elle (tome II, p. 187) : « Je n'ai jamais vu personne qui eût conservé dans le vice si peu de respect pour la vertu. » Mme de Motteville (tome I, p. 38 et 39) nous a laissé de la duchesse de Montbazon un portrait fort détaillé, avec ce trait sarcastique : « Son esprit n'étoit pas si beau que son corps; ses lumières éloient bornées par ses yeux, qui commandoient impérieusement qu'on l'aimât.... Elle prétendoit à l'admiration universelle. »

doit la chambre, et que beaucoup de personnes de qualité rallùrent voir, dont Coligny étoit du nombre, quelqu'un, sans y penser, laissa tomber deux lettres bien écrites, passionnées, et d'un beau caractère de femme * . Mme de Montbazon , qui haïssoit Mme de Longueville% se servit de cette occasion pour lui faire une méchanceté'. Elle crut que le style et l'écriture pourroient* convenir à Mme de Longueville, bien qu'il y eiit peu de rapport et qu'elle n'y eût aucune part ^. Elle prévint le duc de Beaufort, pour le faire entrer dans ses sentiments; et tous deux, de concert, firent dessein de répandre dans le monde que Coligny avoit perdu des lettres de Mme de Longueville qui prouvoient leur intelligence. Mme de Montbazon me conta cette histoire devant que" le bruit en fût répandu: j'en vis d'abord toutes les conséquences, et quel usage le cardinal Mazarin en pourroit faire contre le duc de Beaufort e contre tous ses amis. J'avois peu d'habitude alors avec Mme de Longueville ; mais j'étois particulièrement ser-

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