Tant d'inutilités
2. « Les plaintes du prince de Marcillac, dit Mme de Motteville (tome I, p. 109), furent grandes : il murmura puljliquemcnt contre la Reine; et, à la première occasion qui s'en présenta, il lui fît voir qu'il avoit senti son changement, qu'il étoit résolu d'abandonner ses intérêts, et d'en prendre d'autres pour s'en venger : ce qui fut en partie cause de tous nos maux. »
3. Comparez ce passage avec celui-ci, du 5^ carnet de Mazarin : « Mme de Longueville a tout pouvoir sur son frère. Elle fait vanité de dédaigner la cour, de haïr la faveur et de mépriser tout ce qui n'est pas à ses pieds. Jille voudroit voir son frère dominer, et disposer de toutes les grâces. C'est une personne fort dissimulée : elle reçoit toutes les déférences et toutes les faveurs comme lui étant dues. D'ordinaire elle est très-froide avec tout le monde; et, si elle aime la galanterie, ce n'est pas du tout qu'elle songe à mal, mais pour faire des serviteurs et des amis à son frère. Elle lui insinue des pensées ambitieuses, auxquelles il n'est déjà que trop porté natiu-ellement. » (Traduction de V. Cousin, Journal des sa-
tentèrent inutilement cette voie, et mêlèrent d'autres sentiments à ceux de rambition*. Miossens', qui depuis a été maréchal de France, s'y opiniàtra le plus longtemps, et il eut un pareil succès, J'étois de ses amis particuliers, et il me disoit ses desseins; ils se détruisirent bientôt d'eux-mêmes; il le connut, et il me dit plusieurs fois qu'il étoit résolu d'y renoncer; mais la vanité, qui étoit la plus forte de ses passions, Tempêchoit souvent de me dire vrai, et il feignoit des espérances qu'il n'avoit pas et que je savois bien qu'il ne devoit pas avoir. Quelque temps se passa de la sorte, et j'eus enfin sujet de croire que je pourrois faire un usage plus considérable que Miossens de l'amitié et de la confiance de Mme de Longueville *. Je l'en fis convenir lui-même; il savoit l'état où j'étois à la cour; je lui dis mes vues, mais que sa considération me retiendroit toujours , et que je n'essayerois point de prendre * des liaisons avec Mme de Longueville, s'il ne m'en laissoit la liberté. J'avoue même que je l'aigris exprès contre elle, pour
vants, i854, p- 624) — Voyez aussi les Mémoires de Retz, tome II, p. 118 et 119.