Je ressentis
3. « Je ne suis pas — incapable de me venger. » (Portrait du duc de la Rochefoucauld fait par lui-même, tome I, p. 9.) Au fond, il était plutôt l'homme des maximes 14, 16 et 293 (p. 35, 36 et i5o). Au lieu de cet esprit de suite et d'application, qu'il déclare lui-mêmeindispensablepour se venger du mal comme pour récompenser le bien, il avait cette paresse que le diable semble avoir placée tout exprès « sur la frontière de plusieurs vertus. » (Maxime 5i2, p. 226.)
4- On sait que le prince de Conty était contrefait; sous ce rapport, il tenait de son bisaïeul Louis I'^'' de Bourbon.
5. Suivant Mme de Motteville (tome I, p. 336), il soubaita de plaire à sa sœur « plutôt en qualité d'bonnête homme que comme son frère, b Retz dit d'autre part (tome II, p. 120) : « L'amour passionné du prince de Conty pour elle donna à cette maison un certain air d'inceste, quoique très-injustement pour l'effet, n
6. Comparez avec le portrait, visiblement trop sévère et partial, que Retz a tracé du prince de Conty, tome II, p. 180.
iio MÉMOIRES. [1649]
Je Longueville avoit de l'esprit et de l'expéiicnce ; il entroit facilement dans les partis opposés à la cour, et en sortoit encore avec plus de facilité ; il étoit foible, irrésolu et soupçonneux * ; sa longue autorité en Normandie * l'avoit rendu maître du pailement de Rouen, de la plus grande partie de la noblesse, et de plusieurs places de cette province ^,
Le coadjuteur de Paris *, qui étoit uni à lui par la parenté^ et par un long attachement d'amitié, avoit beaucoup de crédit dans le peuple et dans le parlement de Paris par sa dignité de Coadjuteur, et tous les curés exécutoient ses ordres ®; il avoit des amis et des partisans à la cour, et entraînoit' dans ses intérêts Noirmoustier*,
I. Retz (tome II, p. lyG et 177) dit de lui : « Il ne fut jamais qu'un homme médiocre, parce qu'il eut toujours des idées qui furent infiniment au-dessus de sa capacité. J II le juge du reste comme fait ici la Rochefoucauld, et écrit à deux reprises (tome II, p. 19 et p. 120) qu'il était « l'homme du monde qui aimoit le mieux les commencements de toutes affaires. »
a. Sa longue résidence en Normandie. (1826, 38.)
3. Pour les affaires de Normandie pendant la Fronde, voyez ^Histoire du parlement de Normandie, par M. Fioquet.
4. Voyez le Portrait du cardinal de Retz par la Rochefoucauld (tome I, p. 19-21), et celui que Tallemant des Réaux a tracé dans ses Historiettes, tome V, p. i8i-i83.
5. Ils étaient cousins : Antoinette d'Orléans, fille de Léonor d'Orléans, duc de Longueville, et de Marie de Bourbon, c'est-à-dire du grand-père et de la grand'mère du duc de Longueville dont il s'agit ici, avait épousé Charles de Gondi, marquis de Belle-Isle, général des galères, oncle du Coadjuteur. Voyez l'Histoire généalogique des Gondi , par Corbinelli, 1705, in-4°, tome II, j). 234 ^^ 247 et suivantes.
6. On en eut la preuve dans l'affaire des prêts : voyez les Mémoires de Retz,, tome II, p. 128 et 129, et ceux de Mole, tome III, p. 307.