NOTICE. XXIII
le G juillet i65i '; ce morceau y était placé avant les trois autres.
ce Ces Mémoires ayant déjà paru cinq ou sis fois, disait la Préface de i68g, il n'est pas besoin de faire ici leur éloge pour donner envie de les lire. L'estime qu'en font tous ceux qui les ont lus est une puissante recommandation auprès de ceux qui les liront. MM. de la Châtre et de la Rochefoucauld, qui en ont composé les deux premières parties, sont illustres et par leur naissance et par la figure qu'ils ont faite à la cour de France. Ce sont deux autres Commines, qui racontent non-seulement ce qu'ils y ont vu, mais encore ce qu'ils y ont fait et négocié eux-mêmes, et, qui plus est, dans un temps orageux, et fertile en événements singuliers
« La dex'nière et la principale scène de ces Mémoires, ajoute l'éditeur, est celle de la Fronde, dont M. de la Rochefoucauld nous fait une peinture tout à fait naturelle, depuis la page [196] jusqu'à la page [3îo"]; car, à mon avis, toutes les pièces qui suivent' sont de différentes mains; et cela se peut remarquer à l'inégalité du style, qui n'est pas si nerveux, si sentencieux, ni même si ressemblant à celui de Tacite, dont ce duc était
1. C'est la Mazarinade inscrite par M. C. Moreau, au tome II, p. 241, de sa Bihliogrcphie, sous le n" 2872 et sous ce titre plus développé : Le Manifeste de Monseigneur le prince de Coudé, touchant les véritables raisons de sa sortie hors de Paris, faite le 6 juillet i65i, avec une protestation qu'il fait à la France, qu^il ri! en veut qu'à r ennemi commun, c'est-à-dire au cardinal Mazarin. — La pièce est, dit M. Moreau, du pamphle'taire Matthieu Dubos.
2. Les chiffres de pages sont remplacés par des points dans l'édition de 1689; dans celle de 1690, il y a : p. 114 et 179, chiffres qui correspondent à 196 et 3io dans le tome I de 1689. — L'éditeur attribue ici à la Rochefoucauld la Guerre de Paris, c'est-à-dhe les Mémoires de Vineuil, qui forment notre appendice m. Son renvoi s'étend depuis l'exposé des différents partis dont se composait le Parlement (p. 5o5 de notre édition) jusqu'à la fin du morceau.
3. La Retraite du duc de Longueville , la Prison des Princes, et tout le contenu du second volume, c'est-à-dire, si l'on eu excepte la Retraite du duc ds Longueville et les annexes de la lui du tome II, des parties de l'ouvrage qui sont incontestablement de la main de la Rochefoucauld.
grand imitateur*. Ce n'est pas à dire néanmoins que ces relations ne soient bien écrites, et ne contiennent aussi des faits historiques très-curieux....
<c Au reste, je ne doute presque point que les Mémoires de la Régence qui commencent à la page i6o^, ne soient de ce duc, quoique l'auteur de la Lettre qui est au devant des Réflexions ou Maximes morales ^ die qu'il se défie presque toujours de l'opinion publique^ et que c'est assez quelle fasse présent d'un livre à quelqu'un, pour avoir une juste raison de n'en rien croire;... que la réputation du duc est établie dans le monde par tant de meilleurs titres, ciuil n aurait pas moins de chagrin de savoir que ces Réflexions sont devenues publiques ., qu'il en eut lorsque les Mémoires, qu'on lui attribue, furent imprimés''. Car on peut répondre à cela que M. de la Rochefoucauld ne fut fâché de l'impression de ces Mémoires que parce qu'il savoit qu'il en étoit le véritable auteur, et que les vérités odieuses qu'il y dit lui attireroient la haine des grands qui y sont intéressés, et particulièrement de Monsieur le Prince et de Mme la duchesse de Longueville ^ dont il fait des portraits qui leur ressembloient trop pour leur être agréables. Celui de la duchesse est inimitable, et je ne crois pas qu'on puisse rien dire en douze lignes qui signifie ni qui instruise davantage : Plus intelligitur cjuam pingitur^ . »
Cet imprimé de 1689, qui attira fort l'attention, devint le type d'une seconde série d'éditions, dont l'autorité dura plus d'un siècle (1689-1804). Citons : i" celle de 1690, un volume in-i2, également: sous la rubrique de « Villefranche,
1. Rapprochez de VJvcriissement de l'édition de 1688. — Celle de 1689 contient quelques notes de plus que sa devancière.