NOTICE. XXV
chez Jean de Paul », avec ce titre un peu différent : « Mémoires de la minorité de Louis XIV, corrigés sur trois copies différentes et augmentés de plusieurs choses fort considérables, qui manquent dans les autres éditions; avec une préface nouvelle, qui sert d'indice et de sommaire; » i° celle de 1700, un volume in-12, même rubrique, même sous-titre; mais, pour la première fois, avec ce titre attributif, écrit en toutes lettres (les éditions de la première série jusqu'à 1688 exclusivement ne donnaient que les initiales M. D. L. R.) : « Mémoires de M. le duc de la Rochefoucauld et de M. de la Châtre, contenant l'histoire de la minorité de Louis XIV; corrigés sur, etc.; » 3° celle de 1723, deux volumes in-12, sous la rubrique d' « Amsterdam, aux dépens de la Compagnie «, avec le titre de 1690; toutes trois avaient la Préface de i68g; 4° enfin l'édition de 1734, qui reproduisait la précédente, avec addition de ces mots au titre : « par M. le duc D L R », omission de ceux-ci : « sur trois copies différentes », et substitution de Trévoux à Jnisterdam; la Préface, bien qu'annoncée, ne se trouve dans aucun des exemplaires de 1754 que nous avons eus sous les yeux.
Au milieu de ce courant nouveau d'éditions, reparaît toutefois, d'une manière assez étrange, un type de la première série, sous la rubrique de « Cologne, chez Pierre Van-Dyck » : c'est un volume in-12, publié à la date de 17 17, et qui reproduit à peu près textuellement sous ce titre : « Avis au lecteur sur cette dernière édition », le très-coui't avis de i663'. En résumé, ces publications de la seconde série, comparées à celles de la première (1662- 1688), présentaient, pour la constitution et l'économie des diverses parties du texte, une différence fort appréciable. La Châtre et la Rochefoucauld restaient, il est vrai, toujours accouplés, comme « deux autres Commines »; les interpolations et les annexes formaient encore un bon tiers de l'ensemble ; mais toute la seconde section des
I. Cet Avis de i663 se borne à annoncer 0 une seconde impression plus correcte et plus exacte que n'avoit pu être la première, » celle de 1662. L'édition de 1717 substitue autre à seconde, et remplace a que n'avoit pu être la première a par « que n'avoient étd les pre'cédentes. »
Mémoires, celle qui va du traité de Rueil au départ de Condé pour les Flandres, venait d'une copie évidemment plus complète (jue celle qu'on avait livrée au prétendu Van Dyck. S'il n'y avait lias dans ces nouvelles éditions moins de morceaux étrangers à la Rochefoucauld, en revanche il y en avait un plus grand nombre de sa main : la part d'autrui avait pu ne point diminuer; la sienne du moins avait augmenté, et l'on savait, en tout cas, faire tant bien que mal l'attribution de quelques-uns des morceaux ajoutés aux Mémoires pi'oprement dits ^ .
En dépit de ces améliorations, on n'ignorait pas, au moins parmi les éi'udits, combien laissait encore à désii'er, quant au fond et quant à la forme, la composition de l'ouvrage de la Rochefoucauld. Dès le commencement du dix-huitième siècle, l'abbé Lenglet-Dufresnoy écrit, dans sa Méthode pour étudier l'histoi/'e ^, au sujet des Mémoires de la Châtre : « Il y a dans ce volume des Mémoires attribués à M. de la Rochefoucauld, qui ne sont pas moins excellents, mais qui sont très-imparfaits, ne comprenant que des fragments des véritables Mémoires de M. de la Rochefoucauld. « Un peu plus loin', il parle des Mémoires de M. D LR sur les brigues à la mort de Louis XIII ^ etc., c'est-à-dire des éditions de la jiremière série, et il fait cette remarque : « Ces lettres initiales signifient les Mémoires de M. de la Rochefoucauld, Fran-, cois VI de ce nom, prince.de Marcillac, mort en 1680. Dans les manuscrits, ces Mémoires ont les titres suivants : Histoire des derniers troubles de France, depuis 1642 jusqu^en i652, et Histoire de la régence et Anne d Autriche sous la minorité de Louis XIV : ce qui mérite d'être observé , afin qu'on ne croie pas que ce soient différents mémoires. » Puis il ajoute : « M. de la Rochefoucauld en a un manuscrit plus ample que les imprimés. » Le P. le Long écrivait de même, un peu plus tard, dans la BibliotJièque historique de la France'* : ce On dit que les Mémoires de la Rochefoucauld,
1. Par exemple, de la Retraite du duc de Longueville, et de V Apologie de Beaufort; voyez ci-dessus, p. xx et note i.