Ni les officiers
2. II avait été décidé, d'abord en assemblée de Ville qu'on ne lèverait que des garçons et des compagnons de métier, sans y mêler aucun cbef de famille, le vrai rôle des bourgeois n'étant pas de faire des sorties, mais de garder les portes, les murailles, et d'empêcher les séditions à l'intérieur. On voit par les Registres de l'Hôtel de Ville pendant la Fronde (tome I, p. 184) que le régiment de Marcillac devait se composer de quatre com])agnies.
3. La détresse, en effet, fut bientôt grande, et il fut un instant question d'expulser tous les pauvres étrangers à la ville, en leur donnant vingt sous par tête; mais on craignit d'exciter une émeute. Le Parlement remit le terme de Pâques aux locataires, et il fut décidé que le buffet d'argent vermeil doré de la Ville serait vendu ou engagé. Le setier de froment, trois jours après la sortie du Roi, était déjà monté de treize livres à trente livres; au moment de la paix de Eueil, il était à soixante. Ajoutez que cette année 1649, qui s'ouvrait, pour les Parisiens mutinés, sous de si tristes auspices, ne devait donner qu'une récolte fort mauvaise, et, pour comble de malheur, les misères du blocus coïncidèrent avec un débordement de la Seine si considérable, que Paris, dit Mme de Motteville (tome II, p. 3 25), « étoit devenu semblable à la ville de Venise, » et qu' « on alloit par bateau dans les rues. »
qui s'en étoient emparés y avoient mis Clanleu avec deux mille hommes, pour conserver un poste sur les rivières (le Seine et de Marne. Le prince de Condé l'y força, sans trouver presque de résistance. Cette action se fit en plein jour, à la vue de toutes les troupes du parti et de plus de cinquante mille bourgeois sous les armes. Le duc de Chàtillon, lieutenant général dans l'armée du Roi, y fut tué'; de l'autre côté, Clanleu et toute sa garnison furent taillés en pièces *. Ce désavantage mit une grande consternation à Paris : les vivres y enchérissoient, et on commençoit à craindre d'en manquer. Il y entroit néanmoins souvent des convois, et un jour qu'on en amenoit un considérable, les troupes du Roi commandées par Nerlieu 'se trouvèrent sur le clieminauprès de Villejuive*.
I. Gaspard IV, comte de Coligny, marquis d'Andelot, puis duc de ChâtiJIon ; c'était le second fils du maréchal de ce nom et le frère de Maurice de Coligny qui avait eu avec Guise le duel mentionné plus haut (p. 90-92). II était né en 1620. On compte, parmi les JHazarinnc/es, une dizaine de pièces sur la mort du duc de Chàtillon. Condé pleura amèrement cet ami et ce compagnon d'armes, « pour lequel racheter, dit Guy Patin {Lettres, tome I, p. 4^^)i il donneroit mille Charenton. »
a. Voyez sur cet engagement, qui eut lieu le 8 février, la Mazarinade intitulée : le Courrier burlesque de la guerre Je Paris (tome II, p. 68-168, du recueil de M. Moreau); et la Lettre d'un Normand aux fendeurs de naseaux de ce temps, qui ont peur de mourir pour leur patrie {Bibliographie, tome II, p. laS). Le baron de Clanleu, qui était maréchal de camp, s'y fit tuer, après avoir refusé quartier, trouvant « plus honorable, dit Mme de Motteville (tome II, p. 329), de mourir en cette occasion que sur un échafaud. » On verra cependant plus loin que les chefs de l'insurrection s'en tirèrent à meilleur compte que ne le supposait Clanleu mourant.
3. Charles de Beauvau, baron de Nerlieu ou Noirlieu, était mestre de camp d'un régiment du Roi ; il fut tué, en cette occasion (10 février), par le duc de Beaufort en personne. Tous les contemporains parlent de sa valeur.
4. Villejuif, à deux lieues de Paris, au sud. — Nous conservons l'orthographe de notre manuscrit; voyez ci-après, p. SgS.
Il y eut un combat assez opiniâtre dans le village de Vitry*, où Nerlieu fut tué; le convoi passa, et, comme cette action dura quelque temps, tout Paris en prit l'alarme, et plus de cent mille bourgeois sortirent pour nous recevoir ^ . Ce succès, qui n'étoit d'aucune importance, fut reçu de ce peuple préoccupé comme une victoire signalée, qu'il vouloit devoir à la seule valeur du duc de Beaufort, et il fut conduit comme en triomphe jusqu'à l'Hôtel de Ville, au milieu des acclamations d'une foule innombrable de monde.
Peu de temps après, le marquis de Noirmoustier sortit avec sept ou huit cents chevaux et quelque infanterie, pour escorter un grand convoi qui venoit du côté de la Brie. J'allai au-devant de lui avec neuf cents chevaux, pour faciliter son passage, que le comte de Grancey ' vouloit empêcher avec pareil nombre de cavalerie et deux régiments d'infanterie. Nous étions à une demilieue l'un de l'autre, le marquis de Noirmoustier et moi,