‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 165 sur 616 · De sorte que cet exemple rassura. {Ms. H, réd. r · texte numérisé non relu

De sorte que cet exemple rassura. {Ms. H, réd. r

5. Ce fut le 18 août qu'eut lieu la rentre'e du Roi à Paris. Ce retour fut fêté par un feu d'artifice et par un bal à l'Hôtel de Ville {Registres de F Hôtel de Ville pendant la Fronde., tome II, p. 47 et suivantes). La joie fut en raison de la lassitude générale causée par le blocus prolongé dont on avait tant souffert : c'est ce dont témoignent le Courrier du temps, les Triolets de joie chantés par Paris pour chasser la mélancolie {Choix de Mazarinades, tome I, p. 5io, 5i4 et suivantes). Quant à Mazarin, l'opinion publique lui demeurait toujours aussi contraire : « Le Roi, dit, quelques jours après la rentrée, le manuscrit anonyme que nous venons de citer, fut avanthier {le 1" septembre) à la chasse à Saint-Maur, et hier S. M. fut

au Cloître Notre-Dame Monsieur le Cardinal y fut aussi dans le

carrosse de S. M., et comme, dans toutes les rues qu'elle avoit passé, l'on avoit fait des grands cris de : « Vive le Roi ! » on remarqua que S. M. dit qu'elle avoit toujours cru que les Parisiens ne le haïssoient point, mais quelque autre. » — Et encore à la même date: « Les écoliers du collège de Navarre jouant une tragédie dans

a En tête de ce journal, qui abonde en nouvelles de toute sorte de Paris, des provinces et de la frontière, on lit cette note, écrite au verso de la couverture : « Ce manuscrit renferme ce qui s'est passé pendant la guerre de la Fronde, depuis le aS décembre 1648 jusqu'à la fin de l'année i65i, que finit cette ridicule guerre. »

i34 MÉMOIRES. [1649]

au Palais-Royal, la Reine lui dit publiquement qu'on ne pouvoit assez reconnoître * ses services, et qu'il s'étoit glorieusement acquitté de la parole qu'il lui avoit donnée de rétablir l'autorité du Roi et de maintenir Monsieur le Cardinal * ; mais la fortune changea bientôt ces paroles en des effets tous contraires^.

Cependant Monsieur le Prince étoit dans une liaison particulière avec M. le duc d'Orléans : il l'avoit établie* par les extrêmes déférences qu'il avoit affecté de lui rendre durant la guerre, et il les continuoit avec soin^. Il ne garda pas longtemps les mêmes mesures * avec le cardinal Mazarin, et bien qu'il n'eût pas encore résolu de rompre ouvertement avec lui, il témoigna ', par des railleries piquantes et par une opposition continuelle à ses avis, qu'il le croyoit peu digne de la place qu'il occupoit, et qu'il se repentoit même de la lui avoir conservée*. On attribue cette conduite à des motifs bien différents ; mais il est certain que le premier sujet de

ledit collège, le prologue ayant commencé à s'étendre sur les louanges de Monsieur le Cardinal, les assistants crièrent aussitôt : « Point de Mazarin ! s frappèrent des mains , et firent tant de bruit qu'il fut obligé de se taire, et ils ne voulurent jamais lui permettre de continuer. 5

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