Il témoigna néanmoins. [Ms. //, réd. i
8. Le manuscrit anonyme dit, à la date du 24 septembre, que « Monsieur le Cardinal ayant paru devant Monsieur le Prince pour le saluer avec un visage fort résolu, Son Altesse lui tourna
MEMOIRES. [1649] i35
leur mésintelligence avoit commencé durant la guerre de Paris, sur ce que Monsieur le Prince se persuada, que le Cardinal ^ vouloit adroitement rejeter sur lui la haine des peuples, en le faisant passer pour l'auteur de tous les maux qu'ils avoientsoufTerts. Ainsi Monsieur le Prince crut en devoir user de la sorte envers* le Cardinal, pour regagner dans l'opinion du monde ce qu'il y avoit perdu par la protection qu'il avoit donnée à un homme si généralement haï, en l'empêchant de sortir du Royaume et de céder à sa mauvaise fortune. Il se souvenoit encore des craintes et de l'abattement que le Cardinal avoit témoigné pendant les derniers désordres , et il étoit* persuadé qu'il suffisoit de lui faire peur* et de le mépriser pour lui attirer de nouveaux embarras, et l'obliger de recourir à lui avec la même dépendance ^u'il avoit eue dans l'extrémité où il s'étoit vu^. Monsieur le Prince s'imagina® peut-être aussi, parles choses
le dos, disant qu'il ne falloit pas paroître devant ce Mars^ et s'en alla aussitôt. » C'est le mot : Adieu Mars! rapporté par Mme de Motteville, tome III, p. 35, et par Retz, tome II, p. 534.
1. * La guerre de Paris, où Monsieur le Prince crut que le Cardinal. {Ms. H, réd. i .] — Voyez à \ Appendice^ II, v.
2. Pour l'auteur de tous les maux et de toutes les pertes qu'ils avoient souffertes, de sorte que 3Ionsieur le Prince crut en devoir user ainsi envers. {^Ms. H, réd. i.)
3. Cette phrase est ainsi liée à la précédente dans les deux rédactions du ms. H et dans les anciennes éditions : « outre que se «ouvenant,... il étoit ((7 fut, réd. i) persuadé. »
4- La Rochefoucauld a déjà dit précédemment (p. 87) que le duc de Beaufort fit prendre l'alarme à Mazarin, a croyant qu'il «ufBsoit de lui faire peur pour le chasser du Royaume. »
5. "^ Pour lui attirer de nouvelles affaires et pour l'obliger de recourir de nouveau à lui avec la même dépendance qu'il avoit eue dans ses pressants besoins. {Ms. H, réd. i.) — Dans les anciennes éditions : « avec la même dépendance que par le passé. » — Retz dit (tome II, p. 5o3) que Monsieur le Prince, K à la lettre, l'avoit tiré de la potence. »