‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 176 sur 616 · Des maisons de Foix, de Rohan et de Luxembourg. {Ms. H · texte numérisé non relu

Des maisons de Foix, de Rohan et de Luxembourg. {Ms. H

réd. I.)

3. Sur la manière dont se termina l'assemblée de la noblesse,

voyez surtout Mme de Motteville, tome III, p. 70-81. — Bien que

la Rochefoucauld affecte de glisser sur cette affaire, il est certain

qu'elle émut fort la cour et la ville. L'échec mortifiant que subit,

en cette occasion, le prince de Marcillac, acheva de le jeter parmi

les Frondeurs. En attendant l'heure de se venger par des actes, il

exhala ses ressentiments dans un mémoire auquel nous avons,

plusieurs fois déjà, renvoyé le lecteur (voyez, ci-après, V Apologie

de M. le Prince de Marcillac'). — « Le prince de Marcillac, dit à la

date du 8 octobre le manuscrit anonyme, l'a recherché [le tabou

ret) avec tant d'ardeur qu'il en avoit tiré parole de Monsieur le

Cardinal devant leur accommodement, dont Monsieur le Coad'

juteur avertit M. le prince de Conty dès le 3o du passé, e

lui dit qu'il ne se devoit point fier au prince de Marcillac ni souffrij

les grandes privautés qu'il avoit avec Mme de Longueville, don

M. le prince de Conty et Mme de Longueville s'offensèrent contr»

le Coadjuteur. » — Plus loin, à la date du i5 octobre, on li

dans le même manuscrit cette mention importante : « L'on a re

marqué que M. le prince de Marcillac a eu depuis quatre jour

une assignation de trois cent mille livres, soit pour son indemnit

de la perte du tabouret de sa femme, soit pour avoir fait l'accom

modement de Monsieur le Prince avec Monsieur le Cardinal

Cette somme n'aurait-elle pas servi à payer le gouvernement d

Toutes ces choses aigrissoient Monsieur le Prince, mais elles ne lui faisoient rien soupçonner de ce qui étoit prêt d'éclater contre lui; et bien qu'il fût mal satisfait du Cardinal, il ne prenoit aucunes mesures pour le perdre, ni pour s'empêcher [sic) que le Cardinal luimême ne le perdît'; et il est certain que, jusques à sa prison, jamais sujet ne fut plus soumis à l'autorité du Roi, ni plus dévoué aux intérêts de l'Etat ; mais son malheur et celui de la France' le contraignirent bientôt à changer de sentiments.

Le traité de mariage du duc de Mercœur, fils aîné du duc de Vendôme, avec une des nièces du cardinal Mazarin, en fut une des principales causes et renouvela toute l'aigreur qui sembloit être assoupie entre ce ministre et Monsieur le Prince. Il y avoit donné les mains avant la guerre de Paris, soit qu'il n'en eût pas prévu les suites, ou que par déférence pour la Reine, il n'eût osé lui témoigner qu'il les prévoyoit ^. Mais enfin Mme de Longueville , ennemie de la maison de Vendôme, craignit que les prétentions de rang du duc de Longueville ne fussent troublées par l'élévation du duc de Mercœur. Elle se servit* des premiers moments de sa réconciliation avec Monsieur le Prince pour lui faire

Poitou, racheté au prix de trois cent mille livres par la Rochefoucauld? Voyez ci-dessus, p. 96 et note 7, et ci -après Y Apologie.

1. Une prenoit aucune mesure pour le perdre ni pour empêcher qu'il neleperdit. {Ms. H,réJ. 2.) — *I1 ne prenoit toutefois aucune mesure pour le perdre ni pour s'empêcher d'être perdu . (i>/.«. H, rJd. i .)

2. * Mais le malheur de la France et le sien propre. (Ms. B,iéd. i.) — Rapprochez de VOraison funèbre de Condé par Bossuet : « Il disoit, en parlant de cette prison malheureuse, qu'il y étoit entré le plus innocent des hommes, etc »

3. * Ou que, par une trop grande déférence pour la cour, il n'eût osé témoigner à la Reine qu'il les prévoyoit. {Ms. H, réd. 1 et i.)

4. *Et craignant que les prétentions du rang..., se servit, etc. {Ms. /T, réd. I e/ a.)

i5o MÉMOIRES. [1649]

connoître que ce mariage se faisoit clirectemenl contre leurs communs intérêts. Elle lui dit que le Cardinal*, lassé de porter le joug qu il venoit de s'imposer, vouloit prendre de nouveaux appuis pour ne dépendre plus de lui, et pour pouvoir manquer impunément à ses engagements et à la reconnoissauce qu'il lui devoit. Monsieur le Prince fut facile à persuader, et encore plus à promettre à JVI. le prince de Conti et à Mme de Longueville de se joindre ^ à eux pour empêcher ce mariage, bien qu'il eût, comme je l'ai dit, fait paroître à la Reine qu'il y consentoit ^. Il balança néanmoins quelque temps à se déclarer*. Je ne sais si ce fut parce qu'il vouloit* que les premières difficultés vinssent de Monsieur son frère, ou pour reculer * de quelques moments la peine qu'il avoit de s'opposer ouvertement aux sentiments ' de la Reine ; mais enfin on sut bientôt qu'il ne pouvoit approuver cette alliance % et le Cardinal résolut dès lors de se venger de lui,. et d'avancer le dessein de l'arrêter.

1. * Contre leurs communs inte'rêts, et que le Cardinal. {Ms. H, réd. I ef 2.)

2 . * Fut aisé à persuader là-dessus, et il le fut encore davantage à promettre.... qu'il se joindroit. {J^Is. H, réd. i.)

3. Bien qu'il eût néanmoins donné parole à la Reine d'y consentir, comme je viens de dire. {Ms. H, réd. i et 1.)

4. Cette phrase manque dans la première rédaction du ms. H et dans les anciennes éditions.

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