‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 210 sur 616 · Il étoit malaisé néanmoins de prévoir. {Ms. H, réd. i · texte numérisé non relu

Il étoit malaisé néanmoins de prévoir. {Ms. H, réd. i

8. Voyez le portrait que V. Cousin a tracé de cette princesse dans la Jeunesse de Madame de Longiieville, p. 6i-63.

9 *I1 fut contraint cependant de se tenir. {Ms. H, réd. i.) 10. * D'exécuter.... et d'assembler ses amis. {Ms. /f, réd. i.)

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tion, afin d'être prêt à partir dans le temps de l'arrivée de Gourville, qu'il attendoit à toute heure. Il crut n'en pouvoir prendre un plus spécieux que celui de l'enterrement de son père, dont la cérémonie se de voit faire à Verteuil, l'une de ses maisons. Il convia pour cet effet toute la noblesse des provinces voisines, et manda à tout ce qui pouvoit porter les armes dans ses teiTes de s'y trouver : de sorte qu'eu très-peu de temps il assembla plus de deux mille chevaux et huit cents hommes de pied.

Outre ce corps de noblesse et d'infanterie, Beins*, colonel allemand, lui promit de se joindre à lui, avec son régiment, pour servir Monsieur le Prince ; et ainsi le duc de la Rochefoucauld se crut en état d'exécuter, en même temps, deux desseins considérables pour le parti qui se formoit : l'un étoit celui qu'il avoit envoyé proposer à Madame la Princesse douairière^, et l'autre étoit de se saisir dé Saumur. Ce gouvernement avoit été donné à Guitaut, après la mort du maréchal de Brezé, pour récompense d'avoir arrêté Monsieur le Prince. C'est une place qui se pouvoit rendre très-importante dans une guerre civile, étant située au milieu du Ro^Aaume, et sur la rivière de Loire, entre Tours et Angers. Un gentilhomme nommé Dumonz ^ y commandoit sous le maréchal de Brezé, et sachant que Comminges, neveu de Guitaut, y alloit avec les ordres du Roi, et menoit deux mille hommes de pied, pour l'assiéger s'il refusoit de

1. Lenet dit dans ses Mémoires (tome I, p. i32) que le colonel Bains (sic) , « serviteur particulier du prince de Conti , » aA ait un régiment de six cents chevaux aux environs de Bordeaux.

2. La Princesse douairière, dont il a été parlé ci-dessus. {Ms. H, réd. I.)

3. *De Mens. [iSIs. U, réd. i et 2.) — C'était un ancien serviteur du maréchal de Brezé, très-dévoué à Monsieur le Prince. Voyez jLenet , tome I, p. iSa.

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sortir, il différa, sur quelque prétexte ', de remettre la place entre les mains de Comminges, et manda au duc de la Rochefoucauld qu il Ten rendroit maître et prendroit son parti s'il vouloit y mener des troupes. Le marquis de Jarzay lui offrit aussi de se jeter dans la place' avec ses amis, et de la défendre, pourvu que le duc de la Rochefoucauld lui promît par écrit de le venir secourir dans le temps c[u'il lui avoit marqué. Ces conditions furent d'autant plus volontiers acceptées et signées du duc de la Rochefoucauld, que^ les deux desseins dont je viens de parler convenoient ensemble et se pouvoient exécuter en même temps.

Dans cette vue, le duc de la Rochefoucauld fit assembler toute la noblesse qui étoit chez lui pour les funérailles de son père, et leur dit qu'ayant évité d'être arrêté prisonnier à Paris avec Monsieur le Prince, il se trouveroit' peu en sùieté " dans ses terres, qui étoient environnées de gens de guerre qu'on avoit affecté de disposer * tout autour, sous prétexte ^ du quartier d'hiver, mais en effet pour pouvoir le surprendre dans sa maison ; qu'on lui offroit une retraite assurée dans une place voisine, et qu'il demandoit à ses véritables amis de l'y vouloir accompagner et laissoit la liberté aux autres de faire ce qu'ils voudroient. Plusieurs parurent embarrassés de cette proposition, et prirent divers prétextes pour se retirer. Le colonel Beins fut un des premiers qui lui manqua de parole ; mais il y eut sept cents gen-

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