Huit jours devant la fin du temps. {Ms. H^ réd. i
MÉMOIRES. [r65o] i83
ses pas. Il défit dans sa maiclie quelques compa^rnics de cavalerie des troupes du lloi, et étant arrivé chez lui, il congédia la noblesse qui Tavoit suivi, et en repartit bientôt après, parce que le maréchal de la Meilleraye marchant à lui avec toutes ses troupes, il se trouvoit obligé de se retirer àTurenne chez le duc de Bouillon, après avoir jeté dans Mourond cinq cents hommes de pied et cent chevaux, qu'il avoit levés et armés avec une diligence extrême*. En arrivant à Turenne, le duc de Bouillon et lui eurent nouvelles que Madame la Princesse et M. le duc d Enghien, ayant suivi leur conseil, étoient partis secrètement de Mourond, et s'en venoient à Turenne, pour se mettre entre leurs mains; mais ils apprirent en même temps' que le duc de Saint-Simon ayant reçu des lettres de la cour et su' la prise de Bellegarde, n'étoit plus dans les mêmes sentiments, et que son changement soudain* avoil refroidi tous ses amis de Bourdeaux, qui jusque-là paroissoient® les plus zélés pour les intérêts de Monsieur le Prince. Néanmoins Langlade*,
1 . Ne négligeant rien « pour faire juger à la duchesse {de Longueville) , comme dit Lenet (tome I, p. gS), ce dont il e'toit capable pour elle. » — « Le duc de la Rochefoucauld, dit de son côté Mme de Motteville dans ses Mémoires (tome III, p. i88), ayant assemblé grand nombre de noblesse, se déclara ouvertement contre le Roi. Il voulut, pour son premier exploit,... se saisir de Saumur. Mais, ayant manqué son entreprise et sachant que le maréchal de la Meilleraye, gouverneur de Bretagne, marchoit déjà contre lui avec quelques troupes, il résolut d'envoyer quatre cents gentilshommes à Montrond, et de s'en aller trouver le duc de Bouillon, qui avoit de giandes intelligences dans Bordeaux. »