De sorte qu'on jugea bien. {Ms. H, réd. i
igo MÉMOIRES. [i65o]
il se retira et évita une seconde fois le com]>at, jugeant bien que la noblesse étant sur le point de s'en retourner, il se rendroit certainement maître de la campagne, en ne combattant pas *.
En ce même temps, le maréchal de la Meilleraye eut ordre de marcher vers Bourdeaux, avec son armée, par le pays d'Entre-deux-Mers'^, et le Roi s'avança vers Libourne. Ces nouvelles firent hâter le duc de Bouillon et le duc de la Rochefoucauld de faire lem' levée ^, malgré les empêchements continuels qu'ils y rencontroient, tant par le manque d'argent que par le grand nombre * des gens du Parlement et de la ville qui traversoient, sous main, leurs desseins. On en vint même ^ à une extrémité qui pensa causer de grands désordres, car un officier espagnol vint trouver Madame la Princesse de la part du roi d'Espagne, et apporta vingt-cinq mille écus pour les plus pressants besoins^. Le Parlement s'opposa à le laisser entrer dans la' ville ; il avoit seulement toléré jusqu'alors qu'on y eût reçu JNIadame la Princesse et Monsieur son fils, sans s'expliquer en leur faveur, conime avoit
1. Il se rendroit, en ne combattant point, certainement maître de la campagne. {Ms. H, réd. 2.) — Que la noblesse étoit..., et qu'ainsi, en ne combattant point, il se rendroit certainement maître de la campagne. {Ms. //, réd. i.)
2. On appelait V Entre-deux-Mers tout le pays qui s'e'tend, de Libourne à Bordeaux, entre la Dordogne et la Garonne.