Le 8 novembre
3. a Dans cette vue, dit Guy Joli (tome I, p. i36), ils avoient gagné quatre gardes des sept qui étoient dans l'appartement des Princes, qui dévoient se rendre maîtres des autres trois, ou les poignarder eu cas de résistance. Ils s'étoient aussi assurés de quelques uns des officiers et soldats qui veilloient à la garde des dehors sur la terrasse du château de Marcoussi, au pied de laquelle un homme s'étoit chargé de faire trouver un bateau, dans lequel les Princes dévoient passer le fossé, pour aller joindre, à vingt pas de là, le due de Nemours, qui les auroit conduits avec une bonne escorte en lieu de silreté. d La translation des prisonniers de Marcoussis au Havre déjoua ce plan d'évasion.
4. Charles-Amédée de Savoie, dont il a déjà été question plus haut (voyez p. 98 et note 4^; né en 1624, second fils de Henri I««" de Savoie, duc de Nemours; il était devenu l'ainé de la famille par la mort de son frère en 1641 ; le 7 juillet i643, il épousa Elisabeth de Vendôme, sœur des ducs de Mercœur et de Beaufort, dont il eut deux filles, qui furent. Tune reine de Portugal, l'autre duchesse de Savoie. On verra plus loin sa liaison avec Mme de Longueville, liaison qui amena la rupture entre ^la belle duchesse et la Rochefoucauld.
2i4 MEMOIRES. [i65o]
donc perdre des cpnjonctures si favorables, il entra ^ en Champagne et prit d'abord Chàteau-Portien^ et Rethel , qui firent peu de résistance ; il s'avança ensuite jusques à la Ferté-Milon; mais y ayant appris qu'on avoit transféré les Princes au Havre-de-Gràce ^, les Espagnols ne voulurent pas passer plus outre, et il ne fut plus au pouvoir de M. de Turenne de s'empêcher de retourner à Stenay avec l'armée. Cependant il donna ses ordres pour fortifier Retliel, et y laissa Deliponty* avec une garnison espagnole, ne croyant pas pouvoir mieux choisir pour confier une place qui étoit devenue trèsimportante, que de la donner à un homme qui eu avoit si glorieusement défendu trois ou quatre des plus considérables de Flandres^.
Le bruit de ce que je viens de dire hâta* le retour de la cour, et les Frondeurs, qui avoient été unis au Cardinal, tant que les t^rinces étoient demeurés à Vincennes et à Marcoussy, dans l'espérance de les avoir en leur pouvoir, la perdii^ent entièrement lorsqu'ils les virent^ conduire au Havre. Ils cachèrent toutefois leur ressentiment contre lui sous les mêmes apparences dont ils s' étoient servis pour cacher leurs liaisons; car bien que depuis la prison des Princes, ils eussent essayé de
1. De sorte que pour se servir des conjonctures, il entra. {Ms. H, réd. I.)