Le 16 février i65i. {Journal du Parlement., p
a38 MEMOIRES. [i65i]
peuple qui, un an auparavant, avoit fait des feux de joie de la prison * de Monsieur le Prince, venoit de tenir la cour assiégée dans le Palais-Royal pour procurer sa liberté. Sa disgrâce sembloit avoir changé en compassion la haine qu'on avoit eue* pour son humeur et pour sa conduite, et tous espéroient également que son retour rétablii'oit l'ordre et la tranquillité publique*.
Tel étoit l'état des choses* lorsque Monsieur le Prince arriva à Paris avec M. le prince de Conti et le duc de Longueville. Une foule innombrable de peuple et de personnes de toutes qualités alla au-devant de lui jusqu'à Pontoise. Il rencontra, à la moitié du chemin, M. le duc d'Orléans, qui^ lui présenta le duc de Beaufort et le coadjuteur de Paris ®, et il fut conduit au Palais-Royal au milieu de ce triomphe et des acclamations publiques ' . Le Roi, la Reine et M. le duc d'Anjou* étoient demeurés au Palais-Royal® avec les seuls officiers de leur maison, et Monsieur le Prince y fut reçu comme un homme qui étoit plus en état de faire grâce que de la demander*".
Plusieurs ont cru que M. le duc d'Orléans et lui
1. De la prise. (Ms. H, réd. i et n.) — Dans les anciennes éditions : et du malheur » .
2. * L'aversion qu'on avoit eue auparavant. (^/5. H, réd, i.)