‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 280 sur 616 · Le repos public, songèrent. (Ms. H, réd. i et · texte numérisé non relu

Le repos public, songèrent. (Ms. H, réd. i et

2. Cette majorité était fixée au 5 septembre. Aussi le Journal du Parlement (séance du aS mars, p. 67) relève-t-il l'inanité de cette parole de la cour, « attendu que lors, la régence étant finie, la Reine leur promettoit une chose qu'elle ne seroit plus en pouvoir de faire exécuter, si le Roi, majeur alors, n'y consentoit. » Ajoutons que les élections se firent pourtant; des députés même se rendirent à Tours, lieu fixé pour la convocation; mais ils y attendirent en vain l'ouverture des états. A cette date (fiii de i65i), le prince de Condé s'était retiré en Guyenne, et de tous côtés on ne pensait plus qu'à la guerre. Bien qu'ajournés de nouveau (au i"" novembre 1662), les états, en fin de compte, ne s'assembltrent pas. Voyez dans le tome II du Choix de Mazarinades, p. 292 et suivantes, la Requête des trois états, en date du 17 août i65i, toucliant le lieu et les personnes quon doit choisir pour rassemblée des états généraux, etc.

3. * L'assemblée se sépara, el les choses reprirent le chemin que je vais dire. (3/î. H, réd. i et 2.) — Tout cet alinéa manque dans les éditions antérieures à 1689.

4- Voyez, en tenant compte de l'exagération propre aux libelles du temps, deux pamphlets rimes, en date de février et de mars i65i, intitulés l'un la Mazarinade, l'autre la Juliade ou Discours de l'Europe à Monseigneur le duc d'Orléans sur l'éloignement du cardinal Mazarin et le retour des Princes. {Choix de Mazarinades, tome II, p. 227-229 et p. 241-253.)

248 MEMOIRES. [i65i]

le garde des sceaux de Châteauneuf paroissoit attaché à la Reine \ bien qu'il fût le plus dangereux ennemi du Cardinal. Il croyoit que le meilleur moyen de le tenir éloigné et d'occuper sa place , étoit d'affecter d'entrer* dans tous les sentiments de la Reine'. Elle rendoit compte de tout au Cardinal* dans sa retraite, et son éloignement augmentoit encore ^ son pouvoir. Mais, comme ses ordres venoient lentement, et que l'un étoit souvent détruit par l'autre *, cette diversité apportoit une confusion aux affaires à laquelle on ne pouvoit remédier.

Cependant les Frondeurs pressoient le mariage de M. le prince de Conti et de Mlle de Chevreuse. Les moindres retardements leur étoient suspects, et ils soupçonnoient déjà Mme de Longueville et le duc de la Rochefoucauld d'avoir dessein de le rompre^, de peur

1. Se montroit en apparence attaché à la Reine. {Ms. H, réd. i et 2.)

2. ** Il crojoit cette conduite d'autant plus sûre pour l'éloigner, et pour occuper sa place, qu'il affectoit d'entrer. (Ms. H, réd. i.)

3. ** De la Reine, pour hâter son retour. (Ms. H^ réd. i et a.)

4. Elle rendoit compte exactement au Cardinal de toutes choses. (Ms. H, réd. I.)

5. Et son éloignement avoit encore augmenté. {Ms. //, réd. 1 et 2.)

6. Consultez passim le recueil des Lettres de Mazarin a la Reine, durant les années i65i-i652, publiées par M. Ravenel. i vol. in-8. La Rochefoucauld y est nommé le Rocher; le prince de Condé y est désigné par le chiffre 33 et par des noms divers : le Vaillant, les Crédules, les Embarrassés, les Incertains; le Poltron, c'est Retz; et le Joli, le duc de Nemours.

7. Le duc de la Rochefoucauld, dit Guy Joli (tome I, p. 178 et 179), « représentoit incessamment à Monsieur le Prince qu'il n'obtiendroit jamais rien de la cour, sans quelque complaisance pour la Reine; que la continuation de son engagement avec le Coadjuteur, et la consommation de ce mariage l'éloigneroient peut-être sans retour de toutes sortes de grâces. »

MÉMOIRES. [i65i] 249

que M. le prince de Conti ne sortît de leurs mains, pour entrer dans celles de Mme de Clievreuse et du coadjuteur de Paris. Monsieur le Prince augmentoit encore adroitement leurs soupçons contre Madame sa sœur et contre le duc de la Rochefoucauld, croyant que, tant qu'ils auroient cette pensée, ils ne découvriroient jamais la véritable cause du retardement du mariage, qui étoit que INIonsieur le Prince n'ayant encore ni conclu ni rompu son traité avec la Reine, et ayant eu avis que M. de Chàteauneuf devoit être chassé, il vouloit attendre l'événement pour faire le mariage, si le Cardinal étoit ruiné par M. de Chàteauneuf, ou faire sa cour à la Reine en le rompant \ si M. de Chàteauneuf^ étoit chassé par le Cardinal.

Cependant, on envoya à Rome pour avoir la dispense ' sur la parenté*. Le prince de Conti l'attendoit avec impatience, tant parce que la personne de Mlle de Chevreuse lui plaisoit, que parce que ^ le changement de condition avoit pour lui la grâce de la nouveauté®. Il

1. Ou {pour, réd. i)le rompre et faire par là sa cour à la Reine. (M5. H, réd. i et i.)

a. ** Ruiné par le garde des sceaux..., si le garde des sceaux. {Ms. H, réd. I.)

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