C'est-à-dire de l'état ecclésiastique
MEMOIRES. [i65i] aSg
Le duc de Nemours la conseilloit aussi avec empressement'; mais ce sentiment lui ^enoit moins de son ambition, que de sa jalousie contre Monsieur le Prince. Il ne pouvoit souffrir qu'il vît et qu'il aimât Mme de Chàtillon"; et, comme il ne pouvoit rempèclier' qu'en les séparant pour toujours, il crut que la guerre feroit seule cet effet*, et c'étoit le seul motifqui lalui ftiisoit désirer*. Les ducs de Bouillon et de la Rochefoucauld étoient bien éloignés de ce sentiment ^ : ils venoient d'éprouver' à combien de peines et de difficultés insurmontables on s'expose pour soutenir une guerre civile contre la présence du Roi ; ils savoient de quelle infidélité de ses amis on est menacé * lorsque la cour y attache des récompenses et qu'elle fournit le prétexte de rentrer dans son devoir. Ils connoissoient la foiblesse des Espagnols, combien vaines et trompeuses sont leurs promesses', et que leur vrai in-
1. On verra, comme le dit plus loin la Rochefoucauld (p. 274), qu'il revint bientôt de ce « premier emportement. »
2. Isabelle-Angélique de Montmorency Bouteville, fille de François de Montmorency, comte de Bouteville, décapité en place de Grève le 21 juin 1627, pour s'être battu en duel malgré les édits, et sœur du célèbre maréchal de Luxembourg. Veuve de Gaspard de Coligny, duc de Chàtillon, tué à l'attaque de Charenton, le g février 1649, elle se lit par son esprit et sa coquetterie cent adorateurs, entre autres, Condé, Nemours et le duc de 3Jecklenbourg, qui l'épousa en 1664. Elle mourut en 1696. Voyez sur elle V. CoMStin^ Madame de Longueville pendant la Fronde , p. 73 et 74, et p. i38 et suivantes.
3. x Mais comme il ne pouvoit aussi l'empêcher. (J^Is. H, réd. I e/ 2.)