I. Voyez ci-après, p. xxvir, et note a, et p. xli et xlii
USTE DES ÉDITIONS d'aPRÈS LESQUELLES SONT CITES LES OUVRAGES AUXQUELS ON RKKVOIE LE PLUS SOUVENT DANS LES NOTES DE CE VOLUME,
Mémoires de Mme de Motteville, édition de M. F. Riaux, 4 vol. in-i8, Paris, iSfig.
Mémoires de Mademoiselle, duchesse de Montpcnsier , édition de M. Chéruel, 4 vol. in-i8, Paris, iSSg.
Mémoires de Mathieu Mole, édition Champollion-Figeac, 4 vol. in-8°, Paris, i855.
Mémoires du maréchal de la Force, publiés par M. le marquis de la Grange, 4 vol. in-8», Paris, i843.
Mémoires de Bussy-Rahutin , édition de M. Ludovic Lalanne, 2 vol. In-i8, Paris, 1857.
Mémoires du P. Rapin, édition de M. Léon Aubineau, 4 vol. in-S», Paris, i865.
Mémoires de Guy Joli et de la duchesse de Nemours, 3 vol. in-l8, Genève, ijSi.
Historiettes de Tallemant des Réaux , édition de MM. Monmerqué et Paulin Paris, 9 vol. in-80, Paris, i854-i86o.
Variétés historiques et littéraires, par M. Éd. Fournier, 10 vol. in-i2, Paris, i855-i859.
Muze historique de Loret, édition de MM. L. Ravenel et Éd. V. de laPelouze, in-4'', iSSy.
Les autres Mémoires, sauf mention expresse dans les notes^ sont cités d'après la collection Petitot et Monmerqué, 78 volumes in-8°, Paris, 1820- 1829. Il y a une exception pt>ur les Mémoires de Retz, qui sont cités d'après l'édition publiée dans notre collection par M. Alph. Feillet, puis, à partir de janvier l65o, d'après celle de M. Aimé Champollion-Figeac, 1866, 4 volumes in-i8. Les Lettres de Mme de Sévi'^né et les OEuvres de Malherbe sont également citées d'après la Collection des Grands Écrivains. Quant aux citations tirées des ouvrages de V. Cousin, à moins d'une indication différente, elles se rapportent toujours aux plus récentes éditions.
NOTICE
Les deux personnages les plus remuants de la Fronde en sont aussi les deux principaux historiens, Retz et la Rochefoucauld. En vain toutes sortes de rivalités ont divisé ces deux hommes; les événements qui, dans leur vie, les ont autrefois séparés comme acteurs les rapprochent comme narrateurs aux yeux de la postérité. Tous deux, après avoir, sans profit, épuisé l'intrigue et l'ambition, ont enlin rencontré la gloire là où ni l'un ni l'autre, au début, ne l'avaient cherchée; tous deux, hommes d'Etat fourvoyés, sont demeurés des écrivains accomplis. Il n'est pas jusqu'à la fortune de leurs Mémoires si divers qui ne prête à des rapprochements. Imprimés d'abord sur des copies inexactes ou clandestines, le livre de Retz et celui de la Rochefoucauld eurent le privilège d'exciter chacun au plus haut degré , bien que pour des causes différentes , la curiosité du public. Les Mémoires du Coadjuteur, qui paraissent en 1717, au lendemain des obsèques irrévérentes faites au grand Roi, trouvent la nation fatiguée d'obéissance et prête à reprendre goût, dans le présent comme dans les souvenirs du jjassé, aux intrigues séditieuses et à la rébellion. Les Mémoires de la Rochefoucauld, au contraire, publiés en 1662, dix ans seulement après la Fronde, trouvent tous les cœurs inclinés par la lassitude des discordes civiles vers le repos et la soumission, sous un règne nouveau. Les premiers, écrits à l'insu du monde et dans le mystère, éclatent pour ainsi dire à l'improviste, trente-huit ans après la mort de l'auteur, et réveillent soudainement toutes les passions. Les seconds, saisis, à demi éclos et avec toute sorte de mélange, sous la plume même du noble frondeur, sont publiés tels quels sous son nom ; ils n'en affriandent que davantage les contemporains par cette
vin MEMOIRES.
saveur particulière au fruit dérobé et par l'attrait d'une confession en quelque sorte surprise. A l'apparition du livre de Retz, l'autorité s'émeut, comme en présence d'un crime d'Etat ; celui de la Rochefoucauld, en se débitant presque sous le manteau, comme une gazette à la main, allume également de vives colères, à commencer par celle du duc lui-même. L'un et l'autre ouvrage enfin se voit dénoncé et poursuivi comme objet de contrebande.
Ce n'est, on le sait, que très-tardivement qu'on a rétabli le texte authentique des Mémoires de Retz; une restitution n'était pas moins nécessaire pour l'intégrité de l'œuvre de la Rochefoucauld : la gloire littéraire de l'auteur des Maximes y était, comme nous allons le montrer, intéressée au plus haut degré.
Les Mémoires de la Rochefoucauld, lui-même nous l'apprend*, ont été composés en deux fois ; toute la partie relative aux troubles de la Régence (i643-i652) date de la retraite du duc à Verteuil, entre i654 et lôSg ; la relation des dernières années du ministère de Richelieu (1624-1643) n'a été écrite que postérieurement, c'est-à-dire après le retour de l'illustre factieux à Paris. Pour ce travail, comme pour celui des Maximes^ dont il s'occupa toute sa vie, la Rochefoucauld prenait volontiers conseil de ses amis. Nous savons, en effet, par Segrais'^ qu'il avait envoyé une copie de ses Mémoires à Arnauld d'Andilly', afin que ce dernier « y fît des corrections, particulièrement sur la pureté de la langue, » Le comte de Rrienne, ayant obtenu la permission de les lire chez Arnauld d'Andilly, en fit, à l'insu de celui-ci, une copie, qu'il porta lui-même à Rouen chez l'imprimeur Rarthelin. Barthelin mourut avant que l'édition fût achevée, et sa veuve ne put la mettre en vente. Le duc de la Rochefoucauld, qui avait appris,