‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 354 sur 616 · Et il y avoit. (Ms. H, réd. i e^ a · texte numérisé non relu

Et il y avoit. (Ms. H, réd. i e^ a

3io MEMOIRES. [iGSi]

terie de quinze cents liommes ; la ville de Xaintes s'éloit rendue sans résistance * ; Taillebourg, qui a un pont sur la Charente^, étoit assez bien fortifié; et, excepté Coignac, Monsieur le Prince étoit maître de la rivière jusques à Angoulème. Le comte de Jonzac*, lieutenant de Roi en Xaintonge *, et gouverneur particulier de Coignac, s'y étoit retiré , afin que cette place lui aidât à rendre sa condition meilleure dans le parti où il entreroit, ne sachant encore auquel il se devoit joindre. Dans cette incertitude, il entra en commerce de lettres avec Monsieur le Prince, et lui écrivit d'une manière qui lui donnoit lieu^ de croire qu'il ne demandoit qu'à sauver les apparences, €t qu'il remettroit bientôt la ville entre ses mains , si on faisoit mine de l'assiéger. Cette espérance, plutôt que l'état des forces de Monsieur le Prince, qui étoient alors très-petites, lui fit prendre le dessein de marcher à Coignac. Il voyoit de quelle importance il lui étoit de donner réputation à ses armes ; mais il savoit bien aussi que, manquant de troupes et de tout ce qui étoit nécessaire pour faire un siège , il n'y avoit que celui-là seul où il pût prétendre de réussir : de sorte que, fondant toutes ses espérances sur le gouverneur , il fit partir le duc de la Rochefoucauld de Bourdeaux, pour assembler ce qui se trouveroit sur pied, qui n'étoit en tout que trois régiments d'infanterie et trois cents chevaux, et lui donna ordre d'aller investir Coignac, où le prince de Tarente * se devoit rendre avec ce qu'il avoit de troupes.

Page 1