Sur le prince de Tarente, voyez la note i de la page
MÉMOIRES. [i65i] 3ii
Le bruit de leur marche s'étant répandu dans le pays, on retira * en diligence à Coignac tout ce qui put être transpoité* de la campagne. Beaucoup de noblesse' s'y relira aussi pour témoigner son zèle au service du Roi, et plus apparemment encore pour garder eux-mêmes ce qu'ils y avoient fait porter. Ce nombre considérable de gentilshommes retint aisément les bourgeois, et les fit résoudre à fermer les portes de la ville, dans l'espérance d'être bientôt secourus par le comte d'Harcourt*, général des troupes du Roi, qui s'avançoit veis eux. Mais, comme ils avoient peu de confiance au comte de Jonzac, et qu'ils le soupçonnoient presque également d'être foible et d'être gagné par Monsieur le Prince, ils l'observèrent et lui firent connoître de telle sorte qu'il falloit^ nécessairement servir le Roi, qu'on peut dire qu'il se résolut enfin de défendre la place, parce qu'on ne lui permit pas* de la rendre. Ce fut en cela seul que la noblesse témoigna quelque vigueur; car, pour le reste, durant huit jours '' que ce peu de troupes de Monsieur le Prince, sans armes, sans munitions, sans officiers, et avec encore moins de discipline, demeura devant Coignac, et quoiqu'ils fussent fatigués par des pluies continuelles, qui emportèrent le pont de bateaux qu'on avoit fait sur la Charente pour la communication des quartiers, jamais ceux de dedans ne se prévalurent de ces désordres, mais ils demeurèrent ^