En même temps virent paroître. [Ms. H, réd
2. Mais ils reconnurent que c'étoit. {Ms. H, réd. 2.) — A partir d'ici, jusqu'aux mots : a vinrent au qui-vive avec lui » (21 lignes plus loin, p. 364), les anciennes éditions raccourcissent d'abord, puis rallongent cette partie du récit : « Mais s'en étant approchés, ils reconnurent Chavaignac, qui les cherchoit avec trois" gentilshommes ; et tous ensemble arrivèrent à Châtillon sans aucun danger. Le prince de Condé y apprit des nouvelles de l'armée, qu'il vouloit joindre, et sut qu'elle étoit vers Lory, près de la forêt d'Orléans, à huit lieues de Châtillon ; il sut encore qu'il y avoit dix ou douze chevaux légers de la garde du Roi et quelques officiers logés dans la ville de Châtillon ; et cela l'obligea d'en partir en diligence, sur la minuit, avec un guide pour Lory. Ce guide pensa être cause de sa perte; car, après avoir longtemps marché, il reconnut qu'il n'étoit qu'à une petite lieue de Gien : de sorte que, voulant quitter ce chemin-là pour prendre celui de Lory, Monsieur le Prince passa à trente pas du lieu où Sainte-Maure l'attendoit; et, soit que celui-ci ne le connut pas, ou qu'il n'osât le charger, rien ne s'opposa à son passage, et il arriva à Lory, où il apprit des nouvelles certaines de son armée, qui n'étoit qu'à deux lieues de lui. Bien qu'il se cachât avec les mêmes précautions qu'il avoit fait ailleurs, il fut reconnu, et le duc de la Rochefoucauld aussi, par plusieurs habitants du lieu, desquels il y en avoit beaucoup qui étoient domestiques du Roi et de Monsieur. Mais cela lui servit, au lieu de lui nuire; car il y en eut quelques-uns qui montèrent à cheval avec lui et l'accompagnè-
" Guitiiut n'est pas, comme dans notre texte, nommé à part.
MÉMOIRES. [iG52] 363
tant et Chavaignac qui les clierclioicnt, avec deux autres gentilsliomme s. Monsieur le Prince*, qui jugea bien que la rencontre de ces courriers que je viens de dire feroit indubitablement découvrir son passage, marcha en diligence à Chàtillon; mais, comme il falloit faire ce jour-là trente-cinq lieues sur les mêmes chevaux, la nécessité de repaître le fit retarder quelques heures, et donna à Sainte-Maure le temps dontilavoit besoin pour le joindre : il ne le rencontra pas néanmoins, et il a dit même depuis qu'il avoit vu passer Monsieur le Prince et qu'il avoit évité de l'attaquer.
Ce voyage de Monsieur le Prince fut plein , comme j'ai dit, d'aventures périlleuses, et les moindres l'exposèrent^ à être pris par les troupes du Roi, ou à être tué. Il arriva néanmoins heureusement à Chàtillon ^, où il apprit des nouvelles de l'armée qu'il vouloit joindre et sut qu'elle étoit à huit lieues de là, vers Lory*, près
rent jusqu'à l'armée. Il en rencontra l'avant-garde dans le commencement de la forêt d'Orléans; quelques cavaliers vinrent au qui- Tive avec lui, mais, etc. »
1. Le passage qui suit jusqu'à la fin de l'alinéa, se trouve placé plus haut, dans les anciennes éditions, de même que dans le ms. H et, par suite, dans l'édition de 1804. Nous l'avons donné, avec les variantes des deux rédactions du ms. H, dans la note 5 de la page 36o.
2. Etoit plein sans doute d'aventures si périlleuses que les moindres l'exposèrent. [Ms. H, réd. 2.) — Dans la réd. i la phrase commence ainsi : « Il est constant que Monsieur le Prince fit un voyage plein d'aventures périlleuses, dont les moindres l'exposoient. — Outre les Mémoires de Gounille, que nous avons cités, mais qui ne rapportent pas ce qui s'est passé entre le départ de Gourville pour Paris et son retour, on peut voir encore sur cette chevauchée aventureuse de Monsieur le Prince : Particidarités de la route de Monsieur le prince de Condé et le sujet de son retardement, avec le passage des troupes du cardinal Mazarin à Gieii. Paris, i652, in-4°.
3. Et ainsi il [de sorte c/u'il, réd. i) alla presque toujours de dangers en dangers jusques à Chàtillon. (Ms. H, réd. i ef a.)
4- Lorris en Gâtinais (Loiret), à cinq lieues de Montargis, au sudouest.
^G'i MÉMOIRES. [iG^oj
de la forêt cFOrléans. Ayant niarclié \ avec toute la diligence possible, pour la joindre, il rencontra Tavantgarde de son armée % dont quelques cavaliers vinrent au qui-vive avec lui'. Mais rayant reconnu, ce fut une surprise et une joie pour toute rarmée qui ne se peut exprimer. Jamais elle n'avoit eu tant besoin* de sa présence ^, et jamais elle ne l'avoit moins attendue. L'aigreur augmentoit tous les jours entre les ducs de Nemours et de Beaufort, et Ton voyoit périr avec certitude la seule ressoiu'ce du parti, par la division des chefs, lorsque la présence du Roi et celle de son armée les devoit le plus obliger à préférer Tintérét général ® à leurs querelles particulières^. Il étoit trop important à Monsieur le Prince de les terminer, pour n'y travailler pas avec tout l'empressement imaginable*, et il lui fut d'autant plus facile d'en venir à bout, que son arrivée, leur ôtant le commandement, leur ôtoit aussi la principale cause de leur jalousie et de leur haine. Monsieur le Prince fit marcher l'armée à Lory ®, où elle se reposa un jour. Il s'en passa encore trois ou quatre, durant lesquels on" alla à Montargis, qui se rendit sans résistance. On le quitta de bonne heure, parce qu'il'** étoit rempli de blé et de \Tin, dont on se pouvoit servir au besoin *\ et aussi pour don-
1 . Où étant arrivé. {Ms. H, réd. i). — A la ligne suivante, pour la /oindre manque dans la réd. i.