‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 47 sur 616 · Le mot depuis n'est pas dans les textes de · texte numérisé non relu

Le mot depuis n'est pas dans les textes de

6. Rapprochez de la maxime m et de la 8'^ des Réflexions diverses, tome I, p. 78 et 3oi.

7. Voyez les Mémoires de Retz, tome I, p. 104 et io5, et surtout ceux de Mme de Moiteville, tome I, p. 28 et 29.

étoit aimable de sa personne ; elle avoit de la douceur, de la bonté et de la politesse ; elle n'avoit rien de faux dans riiuineur ni dans l'esprit'; et avec beaucoup de vertu, elle ne s'offensoit pas d'être aimée'. Mme de Chevreuse' étoit attachée à elle depuis longtemps par tout ce qui lie deux personnes de même âge et de mêmes sentiments*. Cette liaison a produit tant de choses extraordinaires qu'il me paroît nécessaire de rapporter ici quelques-unes de celles qui s'étoient passées devant le temps dont je dois parler.

Mme de Chevreuse avoit beaucoup d'esprit, d'ambition et de beauté; elle étoit galante, vive, hardie, entrepre-

I. Rapprochez du mot de Mme de Sévigné à sa fille {Lettres, tome II, p. 285) : (c Je dis que vous êtes vraie. » — Voyez aussi la 3* des Réflexions diverses : De l'air et des manières, tome I, p. 286-290. a. a Elle a l'esprit galant, et, à l'exemple de l'infante Clara- Eugenia {fille de Philippe II), elle goûteroit fort cette belle galanterie qui, sans blesser la vertu, est capable d'embellir la cour. y> {Mme de Motteville^ Portrait d'Anne d'Autriche, en tête du tome Ides Mémoires, p. xxxi.) — A' oyez la maxime 277 (tome I, p. 146), où la Rochefoucauld parle, en connaisseur qu'il était, de 1 l'occupation d'une intrigue, » de 0 l'émotion d'esprit que donne la galanterie, » et de <t la pente naturelle au plaisir d'être aimées. » — Comparez aussi le portrait d'Anne par Retz, tome II, p. 174 et 175. 3. Marie de llohan, fille d'Hercule de llohan, duc de Montbazon, et de Madeleine de Lenoncourt, était née en 1600, et mourut en 1679. Demeurée veuve du connétable de Luynes en 1621, elle s'était remariée, à la fin de 1622, à Claude de Lorraine, duc de Clievreuse, qui était le quatrième fils de Henri duc de Guise, le Balafré, et en faveur de qui le duché de Chevreuse avait été érigé en pairie en 161 2. — Mme de Chevreuse n'avait pas seulement le génie et le goïlt de l'intrigue ; elle savait comprendre les arts et les encourager, et V. Cousin, dans l'e'tude qu'il lui a consacrée, a très-bien fait ressortir les divers côtés de cette nature féminine, si étrange à la fois et si complexe. Cette ex-frondeuse eut, entre autres mérites dont la postérité doit lui tenir compte, celui de travailler à la fortune de Colbert, dont elle avait deviné la valeur, et à la fille duquel elle n'hésita pas à donner en mariage son petit-fils, le duc de Chevreuse. 4. Voyez les Mémoires de Mme de Motteville, tome I, p. 11 et 12.

nante; elle se servoit de tous ses charmes pour réussir dans ses desseins', et elle a presque toujours porté malheur aux personnes qu'elle y a engagées*. Elle avoit été aimée du duc de Lorraine, et personne n'ignore qu'elle n'ait été * la première cause des malheurs que ce prince et ses Etats ont éprouvés si longtemps *. JMais si l'amitié de Mme de Chevreuse a été dangereuse à M. de Lorraine, elle ne la' fut pas moins à la Reine dans la suite. La cour étoit à Nantes, et on étoit sur le point de con-

1. Le cardinal de Retz (tome II, p. 184 et i85) trace de la duchesse de Chevreuse un portrait où parait avant tout la malignité habituelle du peintre : Son mérite en politique a ne fut, dit il, que d'occasion. Si elle fût venue dans un siècle où il n'y eût point eu d'affaires, elle n'eût pas seulement imaginé qu'il y en pût avoir. Si le prieur des Chartreux lui eût plu, elle eût <'té solitaire de bonne foi. M. de Lorraine, qui s'y attacha, la jeta dans les affaires ; le duc de Buckingham et le comte de HoUand l'y entretinrent; M. de Châteauneuf l'y amusa. Elle s'y abandonna, parce qu'elle s'abandonnoit à tout ce qui plaisoit à celui qu'elle aimoit. »

2. Amelot de la Houssaye dit, dans la préface de l'édition de 1689, que l'on comparait la duchesse « au cheval de Séjan, dont tous les maîtres avoient eu une fin malheureuse. » YojezAulu-Gelle^ livre III, chapitre ix. — Comme le fait observer V. Cousin [Madame de Chevreuse^ p. 12), si Mme de Che^TCuse a porté malheur à tous ceux qu'elle a aimés, « il est encore plus vrai de dire que tous ceux qu'elle a aimés l'ont précipitée, à leur suite, dans des entreprises téméraires, s

3. N'ignora qu'elle n'ait été. (1817.) — N'ignoroit qu'elle n'eût été. (1826, 38.)

4. La brouille du duc de Lorraine Charles III (ou IV) avec Richelieu est antérieure à l'arrivée de Mme de Chevreuse à Nancy; mais, par son étonnante activité et ses rares facultés politiques, elle agrandit la querelle et amena entre la Lorraine, l'Empire, l'Angleterre et la Savoie cette ligue contre le Cardinal dont lord Montaigu, introduit plus loin dans le récit, fut l'agent le plus actif et le négociateur principal. Le maréchal de la Force, dans ses Mémoires (tome III, p. 55), dit que ce duc Charles III de Lorraine était une épine que le Roi prit « résolution de s'ôter du pied. »

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