‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 470 sur 616 · Perça. {Ms. H, réd. i e/ a · texte numérisé non relu

Perça. {Ms. H, réd. i e/ a

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au-dessous des yeux, lui fit à Tinstant perdre la vue*, ce qui obligea^ le duc de Beau fort et le prince de Marcillac à se retirer pour emmener les deux blessés'. Les ennemis

I. Gourville raconte dans ses Mémoires (p. 266) que la Rochefoucauld tourna lui-même son malheur en plaisanterie. « Au sujet de cet accident, dit-il, il fit graver un portrait de Mme de Longueville, avec ces deux vers au bas :

Faisant la guerre au Roi, j'ai perdu les deux yeux; Mais, pour un tel objet, je l'aurois laite aux Dieux. »

Cet extrait de Gourville se trouve en note, sans indication de source, dans l'édition de 168S. — Les vers sont imités de VAlcjotiée de du Rjer (acte III, scène \).

1. ** Au-dessous des deux yeux, et qui lui faisant à l'instant perdre la vue, obligea. {Ms. H, réd. i.) — Au-dessus, au lieu de audessous^ dans les anciennes éditions.

3. Mademoiselle, qui vit le défilé des blessés en cette journée, raconte ce qui suit (tome II, p. 97): " Je trouvai dans la rue de la Tixeranderie le plus affreux spectacle qui se puisse regarder ; c'étoit M. le duc de la Rochefoucauld, qui avoit un coup de mousquet qui lui prenoit au coin de l'œil d'un côté et lui sortoit par l'autre, entre [l'œil] et le nez, de sorte que les deux yeux étoient offensés; il sembloit qu'ils lui tombassent, tant il perdoit de sang par là. Tout son visage en étoit plein, et même il souffloit sans cesse, comme s'il eût eu crainte que celui qui entroit dans la bouche ne [l'étouffatj. Son fils le tenoit par une main, et Gourville par l'autre ; car il ne voyoit goutte. Il étoit à cheval, et avoit un pourpoint blanc aussi bien que ceux qui le menoient, qui étoient tout couverts de sang comme le sien. Ils se fondoient en larmes; car, à le voir en cet état, je n'eusse jamais cru qu'il en eut pu échapper. Je m'arrêtai pour parler à lui; mais il ne me répondit pas : c'étoit tout ce qu'il pouvoit faire que d'entendre.» — Mademoiselle ajoute plus loin (p. 98) : « Beaucoup de personnes dirent sur la blessure de ces Messieurs que Dieu les avoit punis, et que leurs négociations, étant cause qu'on avoit tout négligé, avoient été celle de ce combat, où ils avoient été étrillés; et, quoique cette pensée me fût venue aussi bien qu'à d'autres, je ne laissai pas d'avoir beaucoup de pitié de M. de la Rochefoucauld. î Bientôt après Mademoiselle vit Monsieur le Prince lui-même : « Il étoit, dit-elle (p. 99), dans un état pitoyable : il avoit deux doigts de poussière sur le visage, ses cheveux tout mêlés; son collet et sa chemise étoient tout pleins de sang, quoiqu'il n'eût pas été blessé ; sa cuirasse étoit toute pleine de

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avancèrent pour les prendre ; mais Monsieur le Prince s'avança aussi pour les dégager, et leur donna le temps de monter à cheval. Ainsi ils laissèrent' aux ennemis le poste qu'ils venoient de leur faire quitter, et presque tout ce qui les avoit suivis * dans la place fut tué ou blessé. Monsieur le Prince perdit' en cette journée les marquis de Flammarius * et de la Rochegifart ^, les comtes de Castres et de Bossu*, des Fourneaux ', la Martinière% la IMothe-Guyonnet, Bercenct, capitaine des gardes du duc de la Rochefoucauld ', de rHuilliùre, qui étoit aussi à lui,

coups, et il tenoit son epee à l.i main, ayant perdu le fourreau. »

Le vainqueur de Rocroi pleurait comme un enfant sur le sort de

ses amis tués ou blessés.

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