‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 497 sur 616 · APOLOGIE DU PRINCE DE MARCILLAC · texte numérisé non relu

APOLOGIE DU PRINCE DE MARCILLAC

gence • ses diverses prétentions éludées, les emplois et les honneu"s par lui vainement sollicités, surtout ce tabouret pour sa femme brigué si passionnément, et qui, n'ayant pas été obtenu était bien foit, il faut en convenir, malgré le gouvernement du Poitou rendu à sa famille et remis entre ses mams, pour triompher de sa philosophie et lui faire tirer 1 epee contre une reine si peu reconnaissante et un mimstre si peu

complaisant'. « . . ^ ^ ^'^ -w

VJpolo^^ie est, en effet, un commentaire piquant et détaille de certaines parties des Mémoires; mais encore et surtout c'est un monument littéraire de grande importance. Venu tres- Z de temps après les Lettres de Balzac (16.4 et i636) et k Discours de la Méthode de Descartes (1637), cet écrit est, avant les Provinciales de Pascal (t656 et 1657), un des premiers modèles de la prose française du dix-septieme siècle, naturelle, nerveuse, de ferme et libre allure L auteur, âge alors de trente-six ans, n'est pas encore un lettre amoureux de la fine pensée ou du beau style; c'est tout simplement un ambitieux déçu, un gentilhomme offensé, ou se tenant pour tel qui excelle déjà dans l'art d'aiguiser sa plume en la maîtrisant et dont le discours, plein d'énergie naturelle et de malice' calculée, annonce bien les diverses qualités d'esprit et de langage du futur auteur des Maœimes. , . , ,

Le précieux manuscrit A, conservé dans les archives de a fimiUe de la Rochefoucauld-Liancourt, et qui renferme, a la suite de la rédaction primitive d'une partie des Mémoires que nous donnons à \ Appendice de ce volume (p. /,7i-48i), un texte autographe des Maximes^ porte, a sa première page, un avertissement, d'une écriture ancienne, commençant par ces mots :«Ce manuscrit contenoit originairement trois ouvrages, Lt le premier, écrit de la main du --^*^>^- .^^.f -J^^j/;, la Rochefoucauld, occupoit une vingtaine de feuillets qui on été arrachés, comme on peut le voir ci a cote. » Ce prenne ouvrage était X Apologie : on ne Fut conserver aucun dç>ue cet égard en lisant, comme premier titre, au dos de la leliuie de parchemin du manuscrit, le mot Apo.ooik. La perte de

1. V. Cousin, la Jeunesse de Madame de LongueMe, S^ édition, p. 472 et 473.

NOTICE. 437

ce texte, qui eût mérité toute confiance, est regrettable. Il est bien possible que la Rochefoucauld ait voulu lui-même détruire cette défense, qui fait moins d'honneur à l'homme (ju'à l'écrivain, et qui rap|)elait des souvenirs dont il n'avait plus sujet ni envie de se vanter. .Nous aimons à croire que la copie de l'Arsenal est exacte et fidèle.

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