Dans la irc édition : veux
44a APOLOGIE DE M. LE PRINCE
et ma liberté ' n'avoient pas été les seules victimes que j'avois offertes pour son imérêt et pour son repos, et riiorreur des supplices les plus effroyables nem'avoit* pas empêché de lui faire aussi bon marché de ma vie, quand elle avoit bien voulu confier la sienne au courage, à la fermeté et à la prudence d'un homme de vingtdeux ans ^.
Aussi dois-je avouer que rien n' avoit manqué à sa reconnoissance durant tout ce temps-là. Je ne hasardois ni ne perdois quoi que ce soit pour elle, dont ses bontés et ses louanges ne me récompensassent, même avec excès ; il sembloit qu'elle ne s'intéressât qu'en ma faveur au succès des armées où j'allois servir, et elle avoit accoutumé de dire qu'elle ne voyoit plus de gazettes dès qu'elle n'avoit plus à craindre pour moi. Je lui paroissois au-dessus de tout ce qu'il y avoit de charges et de dignités, et on eût dit qu'elle ne souhaitoit une extraordinaire puissance que pour m'élever à d'extraordinaires grandeurs*. Cependant, quoique je la servisse, en l'occasion qui se présentoit, plus utilement que je n'avois fait en toutes les autres, et que quelque sorte de réputation me donnât moyen de lui acquérir presque tous les jours quelque corps, quelque place, ou quelque personne d'extrême importance^, je commençai à m'apercevoir que je me reculois par les