‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 530 sur 616 · Qu'il seroit le maître · texte numérisé non relu

Qu'il seroit le maître

Le second article n'est pas en son lieu, et on doit auparavant répondre au troisième, qui concerne l'assemblée qui se fit à Noisy, près de Saint-Germain ^ , La réponse est que, sous prétexte d'y aller voir Mme de Longuevilie, les Frondeurs* engagèrent le prince de Conti et le duc de Longuevilie à entrer dans les intérêts du Parlement, où l'on vouloit même que 3Ionsieur le Prince eût promis d'entrer^, comme le Coadjuteur l'a toujours dit; depuis il lui a même reproché dans le Parlement : ce qui produisit le démêlé que le duc de la Rochefoucauld et le Coadjuteur eurent au Palais^, qui pensa" être cause de sa perte, comme l'on verra en son lieu. Or quoique Monsieur le Prince désavoue de lui avoir jamais donné cette parole, l'ajjparcnce est très-grande qu'il avoit bien voulu se faire chef des Frondeurs, sur l'espérance qu'il avoit de les pouvoir mettre dans les intérêts de la cour, auxquels il étoit autant attaché que jamais, quelque mine qu'il fit. Mais, comme il s'aperçut qu'ils ne lui donneroient point d'autorité sur eux qu'autant qu'il lui en faudroit pour détruire la puissance qu'il vouloit maintenir, il feignit d'oublier lui-même d'avoir jamais eu de correspondance avec eux.

Le parlement® de Saint-Germain du prince de Conti, des ducs de Longuevilie et de la Rochefoucauld et du marquis de Noirmoutier fut un effet des mesures prises à Noisy. 3Iais Monsieur le Prince, qui étoit tout à fait dans le parti de la cour, y fît aller son frère. Le duc de Longuevilie s'y rendit aussi, tant par son irrésolution naturelle que par l'espérance que les choses s'accommoderoient. Mais, comme le duc de la Rochefoucauld et le marquis de

Page 1