‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 532 sur 616 · Le départ · texte numérisé non relu

Le départ

Noirmoutier furent intéressés par leur liaison avec les Frondeurs à lui faire tenir sa parole, ils le contraignirent enfin à suivre le prince de Conti à Paris'. Il est \Tai qu'ils n'y arrivèrent pas dans le temps qu'ils avoient promis, et ce retardement avoit obligé le Parlement à recevoir les offres du duc d'Elbeuf et de lui donner* la charge de général, lequel fît* d'abord sa cabale si puissante dans le Parlement et parmi le peuple, qu'il fut en son pouvoir de faire arrêter le prince de Conti et tous ceux qui l'avoient accompagné, les accusant d'être d'intelligence avec la cour et d'être venus de concert avec Monsieur le Prince, qui les avoit abandonnés*. Cela passa si avant que Ton mit des corps de garde devant l'hôtel de Longueville, et qu'enfin le prince de Conti et la duchesse de Longueville furent contraints d'aller loger à l'Hôtel de Ville. Mais ce qui avoit attiré sur eux le soupçon, c'est que l'engagement qu'ils avoient fait^ dans le parti du Parlement n'avoit été confié qu'à trèspeu de particuliers de celte compagnie, qui n'osèrent même s'en déclarer que quand la présence de M. le prince de Conti et de ceux qui l'avoient accompagné leur laissa la liberté de publier ce secret®.

Les vivres qu'on laissa entrer à Paris ne furent point l'effet d'aucunes Intelligences de 3Ionsieur le Prince avec ses proches qui y étoient enfermés, car ils n'ont jamais été si brouillés ensemble qu'en ce temps-là ; mais ce fut par l'extrême désir que la cour avoit de pacifier promptement les choses avant l'arrivée de l'Archiduc et de son armée, et le soulèvement entier de toutes les provinces; et l'entrée des vivres étoit une condition sans laquelle on ne vouloit point commencer la conférence^.

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