I. Voyez p. 181-184. — 2. Voyez p. 186 et
ne combattant point, il se rendait certainement le maître de la campagne ' .
En ce temps-là, le maréchal de la Mcilleraye eut ordre de marcher vers Bourdeaux avec son armée, et le Roi partit aussi pour y aller. Ces nouvelles firent hâter les chics de Bouillon et de la Rochefoucauld de faire leurs levées et de faire la revue générale des bourgeois de la ville pour se préparer à un siège*. On fit même préparer quelques dehors à Bourdeaux, mais, comme l'argent d'Espagne ne venoit point, on ne put mettre aucun ouvrage en défense; car, dans toute cette guerre, on n^a touché des Espagnols que deux cent vingt mille livres, le reste ayant été pris sur le convoi, ou sur le crédit de Madame la Princesse, ou des ducs de Bouillon et de la Rochefoucauld, ou de M. Laisné, Néanmoins, en très-peu de temps on leva près de trois mille hommes de pied et sept ou huit cents chevaus. On prit Castelnau, qui est à quatre lieues de Bourdeaux, et on se scroit étendu davantage sans les nouvelles que Con eut de rapproche du maréchal de la Meilleraje du coté d^ Entre les deux mers, et de celle du duc d'Epernon, qui vint joindre celle du général de la Falette. Sur ces avis, les ducs de Bouillon et de la Rochefoucauld dépêchèrent le marquis de Sillerjr en Espagne, pour faire savoir Yétal des choses et pour faire venir promptement le secours qu'on en avoit promis*. Ceiiendant on laissa une garnison dans Castelnau, et on se retira, avec le reste des troupes, à Blanquefort, qui est à deux lieues de Bourdeaux. Ce fut en ce lieu-là où le duc d'Epernon vint attaquer les quartiers. Les ducs de Bouillon et de la Rochefoucauld étoient retournés à Bourdeaux, et Chambon, maréchal de camp, commandait les troupes. Elles étoient de beaucoup plus faibles que celles du duc d'Épernon. Néanmoins, bien qu'il ne pût défendre rentrée de son quartier , les marais et les canaux qui en environnaient une partie lui donnèrent moyen de se retirer sans être rompu, et de sauver les troupes et tout le bagage. Sur le point de ce combat, les ducs de Bouillon et de la Rochefoucauld partirent de Bourdeaux avec un grand nombre de bourgeois, et, ayant joint leurs troupes, retournèrent vers le duc d^Épernon, dans le dessein de le combattre, si les mêmes canaux ne les avoient empêchés de venir aux mains. Tout se passa en escarmouches, où le duc d'Épernon perdit beaucoup d'officiers et de soldats ; du côté de Bourdeaux, il y eut peu de gens tués. Guitaut, chambellan de Monsieur le Prince, y fut blessé, et depuis cela les troupes du maréchal de la MeilUraye et celles du duc dÉpernon serrèrent Bourdeaux de plus près. Le Roi arriva à Libourne : il fit attaquer le château de Faire, sur la Dordogne. Le gouverneur s'étant rendu