‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 537 sur 616 · I. Vojez p. 175-177. — 2. Voyez p · texte numérisé non relu

I. Vojez p. 175-177. — 2. Voyez p

et qu'elle s^en vcno'it à Tureune, pour être menée de là par eux ù Bourdeaux, où ils avoient beaucoup d'amis disposés à les recevoir. Le duc de Bouillon assembla ses amis^ et le duc de la Rochefoucauld manda les siens, qui arrivèrent à Turenne, au nombre de trois cents gentilshommes, conduits par le marquis de Sillerj*. Tout cela marcha en Auvergne au-devant de Madame la Princesse et du petit duc, qu'on conduisit à Turenne ; ils y demeurèrent huit jours, pendant lesquels ils prirent Brlve-la-Gaillarde et la compagnie des gendarmes du prince Thomas, qui étoit de cent maîtres. Ce séjour à Turenne, qui étoit nécessaire pour disposer les esprits de Bourdeaux et pour y pouvoir aller en sûreté, donna loisir au général de la Valette, qui commandoit l'armée du Roi, de se trouver sur le chemin de Madame la Princesse pour lui empêcher le passage; m.ais, étant demeurée à une maison du duc de Bouillon, nommée Rochefort, le duc de la Rochefoucauld et lui marchèrent au général de l'armée, avec toutes les troupes qu'ils avoient levées dans leurs terres et six cents gentilshommes de leurs amis. Ils joignirent le général de la Valette, à Monclard en Périgord, qui lâcha le pied sans combattre, et se retira à Bergerac, après avoir perdu tous ses bagages. Madame la Princesse reprit après cela le chemin de Bourdeaux et arriva sans avoir rencontré aucun ennemi*. La princesse de Condé et le duc d'Enghien furent reçus à Bourdeaux avec toutes les marques de réjouissances publiques; et, bien que le Parlement et les jurats ne la vissent point en corps, il n'y eut presque point de particuliers qui ne leur donnassent des assurances de service. Mais, avec tout cela, la cabale de la cour et celle de M. d'Epernon empêchèrent que les ducs de Bouillon et de la Rochefoucauld ne fussent reçus dans la ville dès les premiers jours. Ils en passèrent deux ou trois dans le faubourg des Chartreux, où tout le peuple alla en foule les voir et leur offrir de les faire entrer par force. Ils n'acceptèrent pas ce parti-\l\, et se contentèrent, comme j'ai dit, d'entrer ensemble dans la ville deux jours après Madame la Princesse. // ny avoit lors dans la province des Irou pes du Roi assemblées que celles que commandoit le général de la T'alette, lesquelles éioienX. près de Libourne. Celles des ducs de Bouillon et de la Rochefoucauld consistoient en cinq ou six cents gentilshommes, de leurs amis, qu'ils avoient pu tirer de leurs terres. Ainsi, n'étant point troupes réglées, il étoit impossible de les retenir, de sorte que chacun étoit sur le point de se retirer. On jugea qu'il fallait essayer auparavant de rencontrer le général de la Valette, et, pour cet effet, on marcha, avec toutes les troupes, vers Libourne, où il étoit; mais, en ayant eu avis, il se retira et évita le combat une seconde fois, jugeant bien que la noblesse étoit sur le point de s'en retourner, et ainsi, en

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