‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 540 sur 616 · Voyez p · texte numérisé non relu

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et le secours que j'ai dit avoit manqué trop souvent pour s'y pouvoir encore raisonnablement assurer : tout cela ensemble fît résoudre le Parlement à envoyer des députés à Bourg. Il convia Madame la Princesse et les ducs de Bouillon et de la Rochefoucauld d'y en envoyer aussi, mais comme ils n'avoient tous deux d'autres intérêts que la liberté des Princes et qu'ils ne pouvaient désirer la paix sans cette condition-ià, ils se contentèrent de ne s'opposer point à une chose qu'ai/w» bien ils ne pouvaient empêcher. Ils refusèrent d'y envoyer personne et prièrent seulement les députés de ménager leur sûreté et la liberté de Madame la Princesse, du duc d'Enghien et de tout ce qui avoit été dans son parti, avec le rétablissement de chacun. Les députés allèrent à Bourg, y conclurent la paix sans en communiquer les articles à 31aJame la Princesse, ni aux ducs de Bouillon et de la Rochefoucauld. On permit à Madame la Princesse et au duc d'Enghien d'aller à Montrond, ou le Rûî entretiendrait une très-petite garnison pour la sûreté de Madame la Princesse, ^hj serait choisie de sa main. Le duc de Bouillon se retira à Turenne, et le duc de la Rochefoucauld , qui étoit, comme j'ai dit, gouverneur de Poitou, se retira aussi chez lui, sans faire les fonctions de sa charge, et sans avoir aucun dédommagement pour sa maison de Verteuil que le Roi avoit fait raser ^. Madame la Princesse, le duc d'Enghien et les ducs de Bouillon et de la Rochefoucauld partirent ensemble de Bourdeaux, pour aller à Coutras. Le maréchal de la Meilleraje , qui allait à Bourdeaux , rencontra sur l'eau Madame la Princesse et lui proposa de voir le Roi et la Reine, lui faisant espérer que le Roi accorderait peut-être aux prières ou aux larmes d'une femme ce qu'il avait cru devoir refuser lorsqiCon le lui avoit demandé les armes à la main. Enfin, nonobstant la répugnance que Madame la Princesse <ivoit d'aller à la cour, les ducs de Bouillon et de la Rochefoucauld lui conseillèrent de suivre Pavls du maréchal de la Meilleraye, afin qu'on ne pût au moins lui reprocher d'avoir oublié aucune chose pour la liberté de son mari. L'arrivée de Madame la Princesse à la cour fil plusieurs effets : un changement si soudain fit croire à Mademoiselle qu'on traitoit beaucoup de choses sans la participation de Monsieur. Les ducs de Bouillon et de la Rochefoucauld eurent de grandes conférences séparément avec le cardinal IMa/.arin , dans le dessein de le faire résoudre à donner la liberté aux Princes ou de le rendre suspect à Monsieur. Ils lui représentoient que les Princes lui en seroient d'autant plus obligés qu'ils savoient bien qu'il n'étoit pas en état d'y être contraint par la guerre ; qu'il lui étoit assez glorieux que toute l'Europe vit qu'il avoit ruiné et rétabli Monsieur le Prince quand il avoit voulu ; que le procédé des

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