I. Voyez p
APPENDICE AUX MEMOIRES. l^c/j
Frondeurs lui devait faire connoilre qu'ils se vouloient rendre maîtres des Princes, afin de les 2>erdre et le perdre lui-même ensuite avec plus de facilite, ou pour leur donner la liberté et les engager par là à travailler ensemble à la ruine de la Reine et à la sienne ; que la guerre était finie en Guyenne, mais que le désir de la recommencer dans taut le Roraume ne finirait jamais qu'avec la prison des Princes^ et qu'il en devoit d'autant plus croire ceux qui lui parloient, qu'ils ne craignoient pas de le dire à lui-même pendant qu'il les avoit entre ses mains et qu'ils n'avoient autre sûreté que sa parole; que les cabales se renouveloient, de toutes parts, dans le parlement de Paris et dans tous les autres parlements du Royaume, pour procurer la liberté aux Princes et pour les ôter de ses mains ; et qu'enfin tout ce que lesdits ducs pourroicnt taire étoit de procurer par toutes voies la liberté des Princes, mais de souhaiter que préférablement à tous autres ils lui en eussent l'obligation. Ce discours fit l'effet qu'on desiroit : il ébranla le Cardinal et donna jalousie aux Frondeurs et à M. d'Orléans; cela leur ôta V espérance d'avoir les Princes entre leurs mains, et les fit résoudre à se réunir avec eux et à chercher de nouveau les moyens de perdre /e Cardinal*.
Les Frondeurs , depuis la prison des Princes, ont essaye de tirer sous main tous les avantages possibles de leur réconciliation avec le cardinal Mazarin, de son consentement; mais ils affectaient toujours de faire croire qu^ils n^avoient point changé de dessein de le perdre, afri de conserver leur crédit dans le peuple : de sorte que ce quils ont fait pour cela dans le commencement , de concert avec le cardinal Mazarin, leur a depuis servi contre lui quand ils ont taut de ban souhaité de le ruiner^. J'ai déjà dit que la conversation des ducs de Bouillon et de la Rochefoucauld avec le Cardinal leur avoit été fort suspecte : Mademoiselle en prit l'alarme et la donna à M. d'Orléans ; ensuite les Frondeurs firent les derniers efforts pour être maîtres des Princes, et, voyant qu'on les refusoit, ils entrèrent en négociation avec Messieurs les Princes et avec ceux qui traitoient pour eux : ils engagèrent M. d'Orléans à procurer leur liberté. Le président Viole, Arnauld, Montreuil, secrétaire du prince de Conti, et plusieurs autres entamèrent des négociations avec M. d'Oi'léans, le Coadjuteur, Mme de Chevreuse et les Frondeurs, et avec M. de Beau fort et Mme de Montbazan ; d^ autres traitèrent avec le Cardinal. Dans ce temps-là, la princesse Palatine avait plus de part que personne à la canfance des Princes et à celle de la duchesse de Lon"ueville. Elle avoit commencé toutes les néf^ociations
1. Voyez p. 207-210; et particulièrement la note i de la jiage 210.